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120 SEIIGE NIKIFOROWITCH MARINE, 17 76—1815, fils (le Nicephore Mikhailo witch Marine, vice-gouverneur de Voroneje, et de sa premiere femme Marie Ivanowna Nevejine, naquit le 17 fevrier 17 76. A l’age de 14 ans, il s’enrola comme porte-enseigne au regiment Preobragensky; n’ayant recu qu’une instruction mediocre, il etait deja au regiment lorsqu’il se prit de passion pour la litterature et lut un grand nombre d’ouvrages fiancais. Catherine II connaissait de vue ce grand et bel officier, et. sur sa priere, fit entrer ses jeunes freres dans la Garde. Mais sous Paul Ier, il eut un deboire: il fut casse pour avoir perdu le pas a la parade, et ce ne fut que le 28 decembre 1797 qu’il redevint officier; le 18 avril 1799, il etait sous-lieutenant. Dans la nuit du 11 au 12 mars 1801, il commandait la garde interieure des Preobragensky au Palais Michel, Le 17 decembre 1802, il passa lieutenant, et lit la campagne de 1805: a Austerlitz, il fut grievement blesse a la poitrine, eut le bras gauche traverse et recut un eclat de mitraille a la tete; ce qui lui valut une epee d’or, le grade de capitaine en second (16 avril 1806) et le titre d’aide de camp de S. M. (20 aout 1807). Il etait en meme temps charge de la formation du bataillon de milice des tirailleurs d’Olonetz, puis il fut envoye en courrier a Paris. Fait colonel le 6 juin 1809, il alla a Tver comme attache au duc d’Oldenbourg, puis, en 1812, fut attache en qualite de general de service a Bagration, auquel il etait personnellement tres devoue. Toutefois ce furent moins ses etats de service que son esprit brillant, sa langue aceree, ses satires, ses parodies et ses epigrammes qui lui procurerent la grande notoriete dont il jouissait parmi ses contemporains. Ses vers etaient relatifs aux actualites, et circulaient, fruit defendu, a de nombreux exemplaires: le vieux Worontzoff se faisait meme envoyer a Londres tout ce qui sortait de sa plume; sa traduction de Merope de Yoltaire fut jouee a l’Ermitage, mais ce qui fit sa gloire, ce fut une parodie de l’ode Dieu „О officier, qui dans ta douleur murmures contre le service“---- que tout le monde savait par c?ur, au point qu’Aksakoff. a un examen, se mit a la reciter au lieu de l’?uvre de Lomonossoff. Cette parodie ne laissa pas de lui faire nombre d’ennemis; par contre, quelques-uns de ses vers eurent l’approbation d’Alexandre Ier, comme, par exemple, la Marche de 1805: „Allons, mes freres, combattre a l’etranger l’ennemi de la patrie“,.. La passion de la poesie lui causa „une nuee de desagrements: tous les vers injurieux passaient a mon compte; encore si c’etait spirituel, ma foi, tant pis! Mais des mechants vers, betes, et tout le monde dit: c’est de Marine!“ Il etait habitue de la maison d’Alexandre Narychkine et ami de M. Worontzoff. dont il s’ennuyait a distance et qu’il maltraitait vigoureusement en prose et en vers quand il restait longtemps sans lui ecrire „Worontzoff a la rage, ou joue avec le diable: Depuis deja six mois, pas un mot a Marine“.... Ses lettres sont interessantes, remplies d’esprit piquant et de fin sarcasme, quoique lui-meme appreciat davantage son talent de poele, tout en convenant d’ailleurs que souvent „sa rime est retive“. Carre, jusqu’a la brutalite parfois, il etait d’une bonte extreme; „il passa toute sa vie pour les autres“, et. toute sa vie, se prepara a s’arranger un coin a lui: „II est temps, mon ami, vraiment il est temps de songer au repos: mes os sont rompus, par le service et par l’amour, et veulent le repos dans les bras d’une epouse cherie“. Son inaction lui pesant, il fait a Worontzoff une description mordante des man?uvres et des parades: „Ou peut bien etre fatigue de l’exercice, quand de 1790 a 1804 on a ete tout le temps dans le rang, et qu’on avait l’esperance de commencer le siecle prochain toujours dans le rang“. Il est mecontent de sa nomination pres du prince d’Oldenbourg: „Blanchi dans les combats, eleve sous la tente, Tomber sur du parquet et faire des courbettes!“ Il n’aimait pas la Cour, et „encore moins les Allemands“, et invitait Worontzoff „a battre les Prussiens, a commencer par les Dibitch et les Driesen“. Excellent joueur d’echecs, amateur modere de la rouge et la noire, il detestait la musique et „en voulait a celui qui le premier avait invente notes et instruments“- A la fin de 1812, il commenca a se plaindre fortement des infirmites: „De mal en pis: j’ai la lievre, les vomissements me brisent la poitrine“. Le 21 decembre, il termine ainsi sa derniere lettre a Worontzoff: „Rappelle-toi que nous ne sommes plus que nous deux, comme tu disais a la mort de ce pauvre Arsenieff, et aime bien Marine“. Moins de deux mois plus tard, il n’etait plus; il mourut le 9 fevrier 1813, et fut inhume au cimetiere St-Lazare, au monastere d’Alexandre Newsky. Son epitaphe est ainsi concue: „II vecut 36 ans, 11 mois, 25 jours. Monument eleve par sa s?ur la princesse Yarvara Nikiforowna Mechtchersky. О mon iidele ami, nous voila separes: Tout est fini pour moi, et bonheur et repos“. (D’apres un original de Rustem, 1810, appartenant au Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch.)