* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
78 NATALIE DMITRIEWNA YON VIZINE, 1805 —1869, fille unique d’un gros proprietaire ruine d’Orel, Dmitri Akimowitch Apoukhtine, et de Marie Pavlowna, nee yon Vizine, naquit le 15 aout 1805. Elle fut des son enfance l’enfant gate de la maison. Un poete lui predisait dans l’album de sa mere que „le chemin de la vie serait pour elle seme de roses“, et Joukowsky y inscrivait encore de sa main, le 5 aout 1811, les vers suivants, restes inedits: „De quoi t’accuse-t-on? D’etre la plus gentille? „C’est un vilain defaut! Voici ton chatiment: „Dans cinq ans et dix jours, tu ne seras rien moins „Que la terreur des c?urs, l’enchantement des yeux!“ Sa mere, personne sentimentale et devote, entichee de pelerins et de moines, transmit son exaltation religieuse a sa fille: tout enfant, elle s’etait plongee dans la Vie des Saints; a 14 ans, elle avait soif d’exploits ascetiques, portait sur le corps, par esprit de maceration, une ceinture rugueuse bouillie dans le sel et restait des heures entieres au soleil pour s’abimer le teint. Une nuit, elle se sauva de chez ses parents deguisee en garcon sous le nom de Nazare pour aller dans un cloitre, mais on put la rattraper en chemin. A 16 ans, elle refusait les partis et, en septembre 1822, elle consentit, bien qu’elle en aimat un autre, a devenir la femme d’un cousin de sa mere, le general M. von Vizine, ,,ce mariage acquittant les dettes“ de son pere. Il y avait dans sa vie quelque chose qui rappelait le roman de la Tatiana de Pouchkine, et on l’assura que c’etait elle que le poete avait representee dans Eugene Oneguine, de sorte qu’elle-meme s’appela souvent dans la suite Tania. Le 26 aout 1824, elle eut un fils, Dmitri et, le 4 fevrier 1826, un autre, Michel. Son mari etait alors detenu, malade, voisin de ,,l’alienation mentale“, mais il „revint soudain a la vie“ quand sa femme eut trouve moyen de le voir. Elle confia ses fils a sa mere pour le suivre en Siberie et, des 1827, etait a Tchita. Religieuse jusqu’a l’extase, elle aimait l’homme, la nature, la vie, les fleurs, et souffrit cruellement dans l’isolement de la deportation: „elle avait des insomnies hantees de visions, des terreurs irresistibles la nuit qui lui arrachaient des cris, et des attaques de nerfs ou elle pouvait passer subitement“; beaucoup pensaient qu’elle „avait perdu la raison“. Elle eut en Siberie des enfants qui naquirent avant terme ou ne vecurent pas. Ce ne fut que quand son mari alla purger sa deportation que sa sante se remit un peu: elle se consacra a la bienfaisance, a l’education d’enfants adoptifs, fit du jardinage et travailla a la regeneration religieuse de son mari et de quelques-uns de ses amis. Elle etait particulierement liee avec P. Bobrichtcheff-Pouchkine et I. Pouchtchine, pour lesquels elle pretendait avoir „le sentiment sacre d’une s?ur pour ses freres“, quoiqu’elle en voulut un peu au premier de la considerer comme une „juste“, et qu’elle allat voir le second a Yaloutourovsk. Elle avouait en meme temps que, „pour apaiser sa chair en delire, aux plus terribles minutes de tentation, elle mettait leur portrait devant elle pour se faire honte“. Elle avait une passion particuliere pour la conversation et la correspondance des ecclesiastiques, auxquels elle exposait, a cote d’abstraites questions religieuses et d’idees d’ascetisme, le repentir detaille de ses passions ardentes et de ses actes de sensualite. ....Nazare et Tania se succedaient incessamment dans ses lettres. „Je suis un tissu d’exagerations et de contradictions: tout ou rien, telle a ete ma devise depuis l’enfance“. A 45 ans, elle depouilla sa piete exterieure, se passionna pour les danses, et „se fit montrer du doigt pour sa conduite, peu conforme a sa vie en esprit“. Devenue veuve le 50 avril 1854, elle epousa a la fin de 1856 Pouchtchine (-J- 5 avril 1859), auquel elle declarait que ,,Michel etait un ange, mais ne convenait pas a son temperament fougueux“. Toujours planant sans tenir compte du temps, a l’age de 50 ans, elle ecrivait a Pouchtchine: ,,Je ne veux pas de ta chaude amitie: donne-moi un amour brulant de feu et de jeunesse, et Tania ne sera pas en reste avec toi: elle rayonnera, elle etincellera, elle s’embrasera a cette lueur radieuse“. Il ne rencontra pas le bonheur dans cette union ; a son mariage, „il avait l’air d’un vieillard hors d’age“, bien que sa femme le trouvat „un gaillard“. Quant au physique de Mme von Vizine, la princesse M. Wolkonsky dit: „Elle avait le type tout a fait russe, le teint clair et frais, et des yeux a fleur de tete; elle etait petite et replete“, et Lorer la trouvait „une des plus charmantes personnes de son temps; ce qu’elle avait surtout de bien, c’etaient ses yeux, bleus et limpides“.... (D’apres un original du Musee Historique de Moscou.)