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6 Le prince ALEXANDRE ALEXEEWITCH VIAZEMSKY, 1727 —1795, Iiis du prince Alexis Fe'odo-rowitch Viazemsky et de Pcilagie Ivanowna, ne'e Pozniakoff, naquit le 3 aout 1727. II sortit du Corps des Cadets en 1740 porte-etendard du genie, fit la Guerre de Sept-Ans et reprima en 1765 une insurrection de paysans dans l'Oural. Le 5 fevrier 17 64, alors quartier-maitre general, il fut charge des fonctions de pro-cureur general. Des ce moment et durant pres de vingt-neuf ans, il fut collaborateur immediat de Catherine II dans toutes les branches les plus importantes de la politique interieure et devint en 1768 membre du Conseil de l'Imperatrice. II administra aussi la Commission du Projet de Nouveau Code et mit en application la reforme des gouvernements. Catherine lui temoigna son ,,insigne bienveillance" par une Serie de distinctions, en 1770 St-Alexandre Newsky, en 1775 St-Andre, en 1774 le rang de conseiller prive actuel, en 1782 St-Vladimir de 1?? classe, sans compter les terres avec leurs paysans, les gratifications en especes, les bagues et les tabatiferes. II servit jusqu'a „epuisement complet"· en 17 89, paralyse, il ne circulait qu'en fauteuil roulant, mais continua ses fonctions de procureur general trois ans encore, et ce ne fut que le 17 septembre 1792 que fut signe l'oukaze qui lui accordait sa retraite en lui conservant tous ses traitements. II mourut le 8 janvier 17 95, et fut inhume au monastere d'Alexandre Newsky. II avait epouse la princesse Helene Niki-titchna Troubetzkoi'. dont il eut quatre lilies. Au temoignage des contemporains, le prince Viazemsky n'etait pas particuliferement doue: au Corps, on „etait mecontent" de lui; la guerre, ,,il ne s'y est point distingue"; et sa nomination de procureur provoqua l'etonnement general, et fut consideree par les etrangers comme „une des choses les plus absurdes qu'il у ait en ce pays". A la Cour, on disait, sous le manteau, que c'etait „un coup de chance" qui l'avait „mis a ce poste", et que „les Czars se croient. assez puissants pour donner non seulement les emplois, mais aussi l'apti-tude necessaire pour en remplir dignement les fonctions": en face, on flattait Catherine en disant. qu'elle „accomplit des miracles", et que, „d'un simple quartier-maitre. elle fait un homme d'Elat". Mais en realite il n'y avait nullement eu miracle: ce qu'elle voulait dans son procureur general, c'ctait de la „loyaute": elle ne lui demandait aucun effort personnel: il n'avait qu'a rester son „eleve", eleve docile et „laborieux au plus haut degre". Son defaut d'aptitudes etait compense par ,,un art de se choisir de dignes collaborateurs", dans le genre du financier Vassilieff et d'hommes entendus comme Khrapovitzky et Ermoloff, auteurs de la plupart des „oeuvres grandes et utiles" attribuees au procureur general. Derjavine, qui d'ailleurs lui en voulait person-nellement, lui reprochait surtout dans son administration financiere „son arbitraire et son mepris des lois, ses virements a l'etranger sur les fonds de l'Etat pour le compte de particuliers au service de Son Altesse", et sa connivence avec Potemkine, „peu porte, par gout, au respect des lois". Lui, a son tour, n'aimait pas Derjavine. Le succes du chantre de Felitza a la Cour provoqua la persecution du procureur general, que „rien ne pouvait irriter davantage que de voir quelqu'un se passer de son egide pour se faire remarquer et apprecicr de l'Imperatrice". II poursuivit le poete de sa rage, disant ouvertement qu'il aimerait mieux „sentir les vers lui grimper sur le nez que de voir Derjavine maintenu longtemps a son poste de gouverneur", et le traina bientot en justice. L'acquittement, dit Derjavine, l'exaspera au point qu'il en fut frappe d'apoplexie. On n'est pas etonne de voir l'epitaphe du prince Viazemsky le nommer „dcfenseur des opprimes et ami des malheureux": mais on trouve etrange, aprcs ce qui vient d'etre raconte, celle que lui fit Derjavine: ,,Zele pour son pays chacun le reconnait, „Amis comme ennemis, llatteurs et veridiques. ,,Sans vergogne on peut bien proclamer sur sa tombe: „Sous Henri-Quatre il sut etre un nouveau Sully!" II est d'ailleurs permis de supposer que le poete voulait ainsi, non pas tant glorifier le „Sully" qui lui en avait fait voir, que bruler une fois de plus son encens a la personne cachee sous le nom d'Henri IV. (D'apres un original des Archives du Ministere des Affaires etrangeres, Moscou.)