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38 CATHERINE IVANOWNA NELIDOFF, 1758—1839, fille du lieutenant Ivan Dmitriewitch Nelidoff et d'Anne Alexandrowna, ne'e Simonoff, naquit le 12 decembre 1758 a Rlimatine, district de Dorogobouge. Admise en 1765 a l'institut Smolna recemment fonde par Catherine II, elle s'y lit bientot remarquer par son aptitude pour la danse et sa grace incomparable. En 1775, l'Imperatrice la fit peindre par Levitzky dansant le menuet (v. T. III, № Si). A sa sortie de l'institut en 1776, elle fut faite demoiselle d'honneur de la Grande-Duchesse Natalie Alexeewna, puis de la Grande-Duchesse Marie Feodorowna. Esprit penetrant, caractere ferme et personnel, elle eut vite fait de s'adapter a un milieu nouveau pour elle. Petite et brune, elle n'etait pas belle, mais ses yeux noirs vifs et brillants, son visage expressif, son animation et sa gaiete, sa conversation petillante d'esprit, tout attirait involontairement vers elle. Le Cesarewitch se mit a prendre plaisir a la societe de la demoiselle d'honneur de sa femme, puis en vint "a lui vouer un culte chevaleresque: la vivacite de son esprit, la franchise et la noblesse de ses jugements la mettaient mieux a meme de satisfaire une ame comme celle de ce prince, chevaleresque, eprise de justice et de devouement au bien public, que la Grande-Duchesse, allemande compassee et methodique; dans ses qualites d'esprit et de caractere, cette nature nerveuse et devoyee, a la recherche de son equilibre moral, trouvait un soulagement et un appui.... Mlle Nelidoff prit a la longue un ascendant complet sur l'esprit et le c?ur de Paul Petro-witch. saisit la nature de son caractere, et finit par savoir le gouverner. Dans son enthousiasme, elle en vint a la conviction qu'elle etait „destinee par Dieu meme" pour preserver Paul et le diriger dans l'interet du bien general. La liaison etait purement morale, teintee de mysticisme religieux; c'etait, dit Paul Ier lui-meme, „une amitie sacree et tendre, mais innocente et pure". Le public ne pouvait comprendre des rapports de cette nature, et, des 1785, Mlle Nelidoff passait a la Cour et dans la societe pour la maitresse de Paul, que la calomnie porta a redoubler les temoignages publics de sa deference envers une jeune fille qui souffrait injustement pour lui. La Grande-Duchesse n'attribua d'abord aucune importance a cette intimite, qu'elle fit meme servir a ses visees, mais ensuite elle s'en indigna, et Mlle Nelidoff ne s'apercevait pas de toute l'amertume qu'elle amoncelait dans le c?ur de l'epouse outragee. A partir de 1795, la demoiselle d'honneur perdit de son empire sur Paul a la suite d'intrigues de ses ennemis, mais gagna par contre dans la confiance de la Cesarewna, qui s'etait decouvert en elle une alliee. La brouille devint complete en 1796, et Mlle Nelidoff se retira a Smolna, ou elle etait fixee depuis quelque temps, ne venant a la Cour que par intervalles. A l'avenement de Paul Ier, elle reprit tout son credit, et conclut avec Marie Feodorowna une veritable alliance pour le bien de celui qu'elles aimaient toutes deux. Leurs efforts tendaient surtout a preserver le Souverain des acces de colere et des resolutions inconsiderees, a interceder pour les victimes de la disgrace, a faire donner les grandes charges a des personnages bien intentionnes et devoues. Sur les affaires d'etat proprement dites, Mlle Nelidoff ne pouvait avoir d'influence: elle conserva toujours son exaltation et son sentimentalisme d'institut, sans autres mobiles de conduite que ceux qu'elle trouvait dans son sens moral et dans son c?ur. En 1798, les ennemis de l'Imperatrice et de Mlle Nelidoff insinuerent a Paul Ier qu'il etait sous la tutelle de sa femme et de la demoiselle d'honneur, gouvernant ensemble sous son nom, et pousserent Mlle Lopoukhine a la place de Mlle Nelidoff, qui, apres le renvoi de Petersbourg de sa meilleure amie la comtesse Buxh?wden, alla en septembre 1798 la rejoindre au chateau de Lode. La mort de Paul Ier lui porta un coup terrible; elle vieillit et blanchit rapidement. Jusqu'a la mort de l'Imperatrice, elle resta en relations d'amitie avec elle; apres, presque completement oubliee, elle termina ses jours a Smolna, conservant jusqu'au bout son ardeur si particuliere et sa conversation seduisante, mais faisant en meme temps le desespoir de son entourage avec son humeur grincheuse et son exigence. Elle mourut le 2 janvier 1839 dans les bras de sa niece bien-aimee la princesse A. Troubetzkoi, nee Nelidoff, et fut inhumee au cimetiere d'Okhta, en face de son cher Smolna. Le present portrait donne de son visage une idee qui est loin d'etre si desavantageuse; il semble bien vivant et bien ressemblant, et etait jusqu'ici completement inconnu. D'apres un original de Yoille, appartenant a la princesse E. Golitzync. St-Pe'tersbourg.)