* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
37 ALEXANDRINE EVTIKHIEWNA DEMIDOFF, 17 5- —18-., fille d'Eutiche Ivanowitch Safonoff (-J- a Moscou, 1775), fut la troisieme femme du conseiller d'etat Nikita Akinfiewitch Demidoff. Sans enfants, a son grand desespoir, des deux premieres, Natalie Yakovlewna Evreinoff (-j- 1756) et Marie Svertchkoff, il ne comptait guere sur elle non plus, en raison de son etat maladif et des „violentes attaques" auxquelles elle etait sujette, et entreprit avec elle le 17 Mars 1771, apres avoir „mis ordre a ses affaires et eu la faveur de baiser la main de Sa Tres Gracieuse Majeste", un voyage a l'etranger qui ne dura pas moins de deux ans. „Le motif principal de ce voyage", dit-il lui-meme, „est la sante de ma femme, car MM. les medecins ont epuise toutes les ressources de leur art, et sont unanimes a declarer qu'il n'y a de salut pour elle qu'aux eaux de Spa. C'est sur leur conseil et dans l'espoir de la voir completement retablie que nous nous decidons a cet immense deplacement". Les voyageurs visiterent d'abord l'Allemagne en passant, puis allerent a Leyde consulter le celebre professeur Hoobius, qui ordonna tout un traitement et prescrivit „du lait de mule a boire pour faire engraisser" et des gouttes „pour raffermir les nerfs" et prevenir ces „terribles crises". Le mal se trouva rapidement enraye; fut-ce le „lait de mule" et les gouttes de fer, ou peut-etre l'air, le mouvement et l'agrement du voyage: toujours est-il qu'apres avoir quitte Leyde en novembre, la jeune femme, „au sensible plaisir" de son mari, se sentit enceinte des le mois de janvier suivant. Enfin „l'heureux evenement" arriva, et une petite Catherine naquit a Paris le 26 septembre 17 72. Apres l'Allemagne et la France, on fit encore le tour de l'Angleterre et de l'Italie, puis Mme Demidoff revenait en Russie, enceinte une seconde fois, et, sans pouvoir meme rentrer к Petersbourg, s'arretait a Narva pour donner le jour le 9 novembre 17 75 a un fils Nicolas. „Ainsi se termina le voyage, d'ou l'heureux pere, a sa grande joie, rapportait une fille et un fils!" L'annee suivante, en 1774, naquit une seconde fille, Marie, mariee plus tard a D- Dournovo. Б est reste du fameux voyage un journal detaille, ou tout est consigne par le menu, itineraire, rencontres, visites, diners, distractions, emplettes utiles et inutiles, et qui renferme sur toute espece de choses des appreciations et opinions particulierement curieuses, mais dont le grand interet est surtout dans le tableau tout naif qu'il presente, tant des gouts personnels des voyageurs que des conditions dans lesquelles se faisaient alors les voyages, ceux du moins des gens aussi riches. Simple gloriole ou desir reel de donner un livre instructif „А sa Famille", toujours ne peut-on que savoir gre a Demidoff d'avoir publie en 1786 a Moscou son Journal du Voyage du Tres Noble conseiller d'etat Nikita Demidoff, chevalier de St-Stanislas, avec un portrait de l'auteur. L'exemplaire de la bibliotheque du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch, jadis celui de la collection P. Efremoff (honteusement dispersee au vent des encheres), porte, avec la mention „Tres rare" de la main du regrette collectionneur, l'envoi suivant: ,,A Monsieur Simon Yassiliewitch Smirnoff, present cordial de ce livre du voyage de mon oncle, son grand-pere, de la part de son devoue serviteur Ammos Deitiidolf, Moscou, 21 mai 1821". A l'etranger, les voyageurs tinrent a faire immortaliser leurs traits. A Paris, le „Portraitiste Royal" Roslin fit le portrait de Mme Demidoff en janvier 1772: on a du meme artiste celui de Demidoff, „d'une parfaite ressemblance, et d'une touche qui ne laisse rien a desirer". En outre, „en novembre 1772, commence les bustes en marbre des deux epoux, par le pensionnaire de l'etat russe Choubine, qui, pour avoir mieux le temps de travailler, est alle se fixer chez eux". Le present portrait est sans doute celui que fit Roslin a Paris, faussement attribue a Grenze, dont il ne rappelle d'ailleurs nullement la maniere. (D'apres un original de Roslin, appartenant a P. Dournovo, St-Petersbourg.)