* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
85 La princesse CATHERINE FEODOROWNA DOLGOROUKY, 1769—1849, fille tlu prince Theodore Ser-gueewitch Bariatinsky, grand-marechal de la Cour, et de la princesse Marie Vassiliewna, nee Khovanskv, naquit le 29 octobre 1769. A 16 ans, le jour de son entree dans le monde, au bal masque donne par Potemkine au palais AnitchkolE en l’honneur de Catherine, sa beaute et sa grace souleverent l’enthousiasme general. En 1785, la princesse Bariatinsky fut faite demoiselle d’honneur, et. l’annee suivante, epousa le general-lieutenant prince Basile Vassilicwitch Dolgorouky, fils du celebre prince B. Dolgorouky-Krymsky. Lors de la seconde campagne de Turquie, elle suivit son mari a l’armee de Potemkine, et passa l’hiver de 1790 a Bender, avec toutes les jolies femmes en renom qui animaient le camp du prince serenissime. Potemkine se prit pour elle d’une passion serieuse; il donnait en son honneur, dans son palais souterrain, des fetes somptueuses, ou elle venait costumee en odalisque: ses moindres fantaisies etaient satisfaites comme par enchantement: des courriers volaient a Paris lui chercher des souliers de bal. S’efforcant par tous les moyens de se concilier sa faveur, Potemkine, assurent les contemporains, lit hater l’assaut d’Izmail pour lui donner le spectacle de l’attaque d’une forteresse, et fit celebrer, dit-on, absolument a tort et prematurement, la conquete de son c?ur par une alarme (le nuit avec salve de cent coups de canon et feu roulant. A son retour a Petersbourg, en 1791, la princesse occupa le premier rang parmi les jeunes et jolies femmes de la Cour de Catherine. Mme Vigee-Lebrun, qui etait liee d’amitie avec elle et avait fait son portrait en Sybille, la depeint en ces termes: ,,Sa beaute me frappa: ses traits avaient tout le caractere grec, mele de quelque chose de juif, surtout de profil; sa taille etait admirable et toute sa personne avait a la fois de la noblesse et de la grace, sans aucune affectation“. Unissant a la beaute l’esprit, la gaite et une amabilite captivante, la princesse Dolgorouky fut entouree d’une foule d’adorateurs, au premier rang desquels l’ambassadeur d’Autriche, le comte Cobentzel, qui la suivait comme son ombre. Douee d’un talent d’artiste, elle mit en vogue a Petersbourg les spectacles de societe et les tableaux vivants, et y jouait constamment son role; elle jouissait de la faveur de Catherine, qui temoigna toujours sa bienveillance aux Bariatinsky. A l’avenement de Paul, ses parents tomberent en disgrace et partirent pour l’etranger; elle ne tarda pas a les y suivre. Elle se fixa a Paris, ou elle avait beaucoup d’amis, et y occupa bientot une position tres en vue. Les Parisiens gouterent fort sa beaute, ses toilettes voyantes et les bijoux dont elle aimait a se couvrir. Son esprit piquant, sa conversation brillante et mordante, attirerent a ses soirees les celebrites parisiennes du temps: Rivarol, La Harpe, l’abbe Delille, le comte de Segur, Vigee-Lebrun etaient ses habitues; elle etait egalement liee avec Mme Recamier. A sa premiere apparition a la Cour du Premier Consul, elle fit sensation par sa haute taille, sa majeste et ses magnifiques brillants; mais son attitude tant soit peu dedaigneuse vis-a-vis de „la Cour“ de Saint-Cloud et ses remarques caustiques lui attirerent le mecontentement de Napoleon: les journaux se mirent a publier, a l’instigation de Fouche, des articles fort peu flatteurs pour la princesse, et, a la proclamation de l’Empire, elle prefera s’en aller en Italie. De retour en Russie et devenue veuve, en 1812, elle fut faite dame de Ste-Catherine, en 1816, puis dame d’honneur a l’occasion du couronnement de l’Empereur Nicolas Ier, et, en 1841, recut la grande croix de l’Ordre de Ste-Catherine, Jusqu’a une vieillesse avancee, elle fut recue avec une haute distinction dans le monde et a la Cour, figurant meme dans les dernieres annees de sa vie a toutes les fetes donnees a la Cour, ou ses recits, chronique vivante de la fin du XVIIIe siecle, eveillaient l’interet general. Elle eut deux fils, Basile et Nicolas, et une fille, la princesse Catherine, qui epousa le prince S- Saltykoff. La princesse Dolgorouky mourut, le 30 octobre 1849, a l’age de 80 ans, et fut inhumee pres de son mari, au village de Polouekhtowo, a 90 verstes de Moscou. (D’apres l’original de Lampi, propriete de la princesse M. Dolgorouky, a Moscou.)