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85 ALEXANDRE YAROYLEWITCII BOULGAKOFF, 1781 —1865, senateur, directeur des Postes de Moscou, fils aine du conseiller prive actuel et diplomate bien connu Jacob Boulgakoff et d’une francaise, Catherine imbcrt, gui epousa plus tard le docteur Choumliansky, naquit le 15 novembre 1781 a Constantinople, ou son pcre etait alors envoye extraordinaire; en 1790, il recut le nom et les armes des Boulgakoff. Il fit ses etudes a l’ecole allemande St-Pierre, a Petersbourg, s’enrola sergent, en 1789, au regiment Preobra-gensky, et, en 1796, avec rang de porte-enseigne, entra au College des Affaires etrangeres. En 1802, il fut attache aux missions diplomatiques de Naples, puis de Palcrme, et, en 1809, pour rester pres de son pere a Moscou, se fit donner un emploi aux Archives des Affaires etrangeres. En 1812, il fut nomme fonctionnaire des commissions speciales pres du comte Rostoptchine, dont il sut se concilier l’affection et la confiance particulieres: lui-meme, de son cote, lui temoignait une veneration et une estime profondes; il conserva la meme fonction pres du successeur de Rostoptchine, le comte Tormassoff. Il passa, en 1819, conseiller prive actuel, puis fut fait, en 1826, gentilhomme de la chambre, toujours sans quitter les Archives; enfin, en 1852, il fut nomme directeur des Postes de Moscou, a la grande satisfaction des moscovites et des fonctionnaires de l’administration des Postes: tous avaient present a la memoire le souvenir de son frere Constantin, qui s’etait fait sincerement aimer a Moscou pour les soins qu’il avait mis a organiser la Poste. Maitre lui-meme dans l’art de la correspondance, amateur passionne de nouvelles, Boulgakoff avait maintenant a sa disposition de riches materiaux pour satisfaire sa faiblesse: comme dit Yiazemsky. il „plongeait et nageait dans les lettres comme le poisson dans l’eau“. Aussi ce fut pour lui un coup terrible quand il dut, en 1856, quitter la direction des Postes pour le Senat: il baissa rapidement et mourut a Dresde au bout de sept ans, en 1863. Il se maria deux fois; de la princesse Natalie Yassiliewna Khovansky (nee le 7 mai 1785, -j- 9 avril 1841), il eut deux fils, Constantin, connu par ses frasques, et Paul, et deux filles, Catherine, qui epousa Solomirsky, et Olga, qui epousa le prince Dolgorouky; il epousa en secondes noces Mlle Matzneff. Fils d’une francaise, originaire du midi, Boulgakoff etait un vrai meridional par son exterieur et par son temperament, qui percait dans la vivacite de son visage et dans ses gestes: mais ses idees et ses gouts etaient entierement russes. Sans avoir un esprit profond, il passait pour l’homme le plus cultive de son temps: il etait agreable en societe, savait saisir les faiblesses des gens et possedait le talent de les parodier. Passe maitre dans l’art de raconter, il aimait la lecture, et ne fut pas sans se meler lui-meme de litterature, mais avec un succes douteux. Il etait lie avec beaucoup d’hommes eminents de son temps, Yiazemsky, Tour-gueneff, Zakrewsky, Yorontzoff, et jouissait de la faveur de l’Empereur Nicolas et du Grand-Duc Michel Pavlo-witch, qu’il sut distraire a Moscou par ses recits spirituels. Eminemment sociable, il avait un cercle de relations tres etendu; tenu par son frere au courant des nouveautes de Petersbourg, il etait pour Moscou une sorte de gazette vivante, et aimait a etre le premier a repandre une bonne nouvelle. Son immense correspondance est, dit Yiazemsky, un echo, ,, plein d’exactitude et de vivacite, de toute la vie, de tout le mouvement de l’Etat et de la societe, des evenements, des bruits, des affaires et des racontars, des institutions et des hommes“. Mais Boulgakoff, outre ses lettres, a encore laisse d’interessants Memoires, dont il n’a ete publie qu’une toute petite partie: on ne saurait trop impatiemment attendre le reste. (D’apres l’aquarelle (1839) de l’acad. Gorbounoff, propriete de Mme A. Lvoff, a Moscou.)