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178 IVAN ALEXANDROWITCH NARYCHKINE, 1761—1841, fils d’Alexandre Ivanowitch Narychkine (-f- 1782) et d’Anna Nikititchna, nee princesse Troubetzkoi, naquit le 19 mars 1761. Son pere, gentilhomme de la chambre depuis 1758, puis chambellan, a la Cour de Pierre III, fut, lors du coup d’etat de 1762, du nombre de ceux qui suivirent le Souverain dans sa fuite malheureuse d’Oranienbaum a Cronstadt: ceci explique sans doute qu’il n’ait jamais joue, non plus que son fils, qu’un role efface a la Cour de Catherine. Ivan Narychkine epousa, en 1787, la baronne Catherine Alexandrowna Stroganoff (1769—1844), fut nomme conseiller prive le 27 mars de l’annee suivante, et, sous Alexandre Ier, parvint d’emblee a la Cour au poste eleve de grand chambellan, puis a celui de grand maitre des ceremonies, ou il fut nomme, en 1809, sur la demande de Marie Antonowna Narychkine. En raison de ses rapports de parente et d’amitie avec elle, il etait chez elle un familier de la maison; grand adorateur de la beaute feminine, il soupirait en silence et se faisait son cavalier servant, se laissant d’autre part mener a la baguette par sa femme, personne au caractere dominateur, dont il avait une peur terrible, ce qui ne l’empechait pas de faire des frasques sans nombre. D’un naturel volage et frivole, qui lui resta en depit de l’age, il aimait bien vivre et ne laissa pas d’endommager assez serieusement sa fortune et celle de sa femme. Du reste, son insouciance naturelle et son caractere confiant ne furent pas sans avoir des suites deplorables pour sa carriere a la Cour. Une modiste francaise a laquelle il accordait sa protection, Mme Verteuil, se trouva compromise dans une affaire de contrebande: elle s’etait servie de la valise diplomatique d’une ambassade etrangere pour faire venir en franchise des articles de modes pour son magasin. L’histoire lui causa de gros ennuis: il dut quitter la Cour et se fixa a Moscou, ou il vecut encore assez longtemps; il y mourut senateur, le 18 janvier 1841, et fut inhume au monastere Donskoi. „C’etait“, dit une contemporaine, ,,un gentil petit homme, court et fluet, grand faiseur de reverences, d’un caractere tres communicatif, tout au contraire de sa femme, et d’une extreme courtoisie. Il avait des cheveux tres clairsemes, qu’il portait courts, avec une coupe particuliere qui lui allait fort bien. Il etait grand amateur de bagues et se chargeait les doigts d’enormes brillants“. Il n’etait dej'a plus jeune qu’on pouvait le voir souvent au parc Pierre-le-Grand ou aux Sokolniki monte sur un cheval courtaud, une rose a la boutonniere de son habit et faisant la cour aux dames: il etait alors fervent adorateur de la princesse Zenaide Wol-konsky, qu’il appelait „notre Corinne“, Grand melomane, bon violoniste dans sa jeunesse, il jouait a des quatuors d’amateurs, mais les mauvaises langues pretendaient qu’avec les notes qu’il sautait il y avait de quoi faire toute une sonate. Il ne sera peut-etre pas sans interet de rappeler une prediction concernant la branche des Narychkine a laquelle appartenait Ivan Alexandrowitch et qui se realisa en effet. On conservait dans la famille la barbe du moscovite Timothee Arkhipytch l’innocent, qui avait promis a sa bisaieule Nastasie Alexandrowna Narychkine que. tant que cette barbe serait conservee, sa posterite ne s’eteindrait pas et resterait fidele a l’orthodoxie. Ivan Narychkine l’avait enfermee precieusement dans une boite, ou elle etait etendue avec une croix sur un coussin de soie. Dans un demenagement, elle disparut, rongee presque tout entiere par des souris blanches dont il avait toute une collection et qu’il avait imprudemment mises, pour les transporter, dans la boite au talisman. Aussi bien, la prediction de l’innocent se realisa: deux de ses fils, Alexis et Alexandre, moururent sans enfants, et le troisieme, Gregoire, eut un fils qui ne laissa pas de descendance male, deux filles qui epouserent des etrangers catholiques, le baron francais Valois et le major autrichien Petz, et une autre, Natalie, qui embrassa elle-meme le catholicisme, se fit religieuse et fut connue sous le nom de ,,la s?ur Natalie Narychkine“, (D’apres une miniature appartenant a S. Kaznakoff, St-Petersbourg.)