* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
141 La comtesse HENRIETTE ALEXANDROWNA MORDVINOFF, 1764—1845, femme de l’amiral comte N Mordvinoff, appartenait a la vieille famille anglaise des Cobley; elle naquit en Angleterre en 1764. Orpheline a 8 ans, elle fut recueillie et elevee par sa s?ur ainee, Mme Partridge, qui l’emmena en Italie. Avec l’age elle devint une beaute, et le celebre Lavater ecrivit sur un portrait qu’il recut d’elle: „Sur ce front se peignent la noblesse, la candeur et la purete“. Lors du sejour que fit l’escadre russe a Livourne, miss Cobley fit par hasard a Pise la connaissance du commandant d’un des vaisseaux, le capitaine de 2e rang N. Mordvinoff, et, par son esprit et sa beaute qu’il compara a celle de la madone de Sassoforrato, fit sur lui une profonde impression. Il se mit a frequenter les Partridge, et finit par faire sa proposition; le mariage eut lieu a Livourne en 1784, et Mordvinoff emmena sa jeune femme en Russie. Tombee tout d’un coup dans un milieu etranger, nouveau pour elle, ne sachant pas le russe qu’elle n’arriva jamais a apprendre bien, la comtesse ne tarda pas a se faire a la vie de ce pays inconnu. Avec son caractere anime et communicatif, son amour de la societe et des distractions, elle sut arranger son existence de la maniere la plus agreable et la plus commode possible, en depit des deplacements et des voyages incessants qu’entrainaient pour son mari les necessites du service. A Kherson et a Nikolaeff, en Russie Blanche et a Penza, a Moscou et a Petersbourg, la maison des Mordvinoff, montee absolument a l’anglaise, fut partout le rendez-vous de la societe. Partout ils menaient une vie large et accueillante, tout en ayant en meme temps un cercle etroit d’amis et de familiers, dont furent Speransky et Chichkoff. En se fixant en Russie, la comtesse ne rompit jamais les liens qui la rattachaient a sa patrie· de nombreux parents d’Angleterre, proches et eloignes, venaient constamment la voir en Russie, restant chez elle des annees entieres, et recevant d’elle des pensions. Lors d’un voyage qu’elle fit a l’etranger, en 1818, pour la sante de son mari, non seulement elle alla chez sa s?ur a Livourne. mais elle se rendit encore avec toute sa famille chez ses autres parents d’Angleterre. Au commencement de son sejour a Petersbourg, dans la maison achetee par son mari Place du Theatre, elle sortait beaucoup, allant a tous les bais a la Cour et dans le monde, mais par la suite, elle se restreignit a un cercle de relations plus intimes, et comme son mari, se tint a l’ecart de la Cour et des milieux purement mondains. Tendrement attachee a son mari qui avait pour elle une haute estime et une grande consideration, prenant conseil d’elle et la mettant au courant de ses affaires de service, elle eut, toute etrangere qu’elle etait, une part etroite a ses travaux, et mit souvent sa confiance en garde contre le devouement hypocrite de ses amis et les intrigues de ses ennemis. Elle avait recu une bonne instruction, lisait beaucoup, et, avec le profond sentiment religieux qui l’animait, ne pouvait souffrir les ?uvres des philosophes francais: une fois, son mari, pour lui complaire, brula les ?uvres de Voltaire qu’il venait d’acheter. En 1840, sa sante jusqu’alors excellente s’ebranla; apres trois attaques consecutives de fievre nerveuse, elle tomba dans le marasme et mourut le 16 aout 1843 dans les bras de son mari et de ses enfants. Elle fut inhumee suivant le rite protestant a la place choisie par elle-meme au cimetiere du bourg de Mar-tychkino, pres d’Oranienbaum, a une verste de la villa des Mordvinoff. La comtesse Mordvinoff, a pari deux enfants, Nicolas et Sophie, morts en bas age, eut encore un fils, Alexandre, qui eut pour premiere femme Mlle A. Yakovleff et pour seconde la comtesse A. Tolstoi, et trois filles, Nadejda, qui mourut demoiselle, Vera, femme du senateur A, Stolypine, et Natalie, du conseiller prive A. Lvoff. (D’apres une miniature appartenant a A. Lvoff, Buda-Pest.)