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4 Le comte ALEXIS GRIGORIEWITCH BOBRINSKY, 1702—1813, naquit le Jeudi de Paques, 11 avril 1762, et, des sa naissance, fut eleve par le valet de chambre de l’imperatrice Catherine, Basile Chkourine. On raconte que le moment de sa naissance approchait, lorsque ce Chkourine mit le feu a sa maison de Pe-tersbourg, aux barrieres de la ville, et que, quand Pierre III vevint de l’incendie, Catherine eut la force de volonte d’aller en personne au-devant de lui, Vingt ans apres, Catherine II ecrivait a Bobrinsky: ,,Yotre mere, en butte 'a diverses intrigues et inimities, se trouva contrainte, pour se sauver, elle et son fils aine, de cacher votre naissance“. Aussi, dans son enfance, Bobrinsky passa-t-il pour fils de Chkourine. dont l’imperatrice recompensa genereusement ,,l’inoubliable attachement“, et fut-il eleve en meme temps que ses autres enfants, avec lesquels on l’envoya a Leipzig. Fils de Gregoire Orloff, il ne recut pas tout de suite le nom de Bobrinsky, qui provenait du bourg de Bobriki, gouvernement de Toula, dont il fut gratifie en 1763: il avait d’abord recu le nom de prince Sitzky- A son retour de l’etranger, en 1774, il habita chez I. Betzky, puis alla au Corps des Cadets dont il sortit en 17 82 lieutenant de la Garde a cheval avec un conge de deux ans a l’etranger. Avec deux camarades, il alla par Kieff et Varsovie a Vienne en compagnie du colonel Bouchouyelf. A Yarsovie deja, celui-ci ecrivait a propos de Bobrinsky. „II ne manque pas une occasion de faire preuve d’un amour-propre demesure. Il n’y a pas une conversation ou il ne veuille prendre le pas sur ses camarades. Il est si orgueilleux et si susceptible qu’il prend tout du mauvais cote. Entre autres points faibles, il a celui de ne pas s’occuper ni se soucier de voir ou d’apprendre quoi que ce soit d’utile. Rien ne le touche, rien ne l’attire“ A Vienne, il se plaignait du laisser-aller du jeune homme, et en 17 85, a Paris, il le quitta tout a fait quand il eut refuse d’obeir a l’imperatrice et de rentrer en Russie. Sa mere lui donnait des quantites d’argent, qui ne lui tenaient pas aux mains. Il etonnait les etrangers par sa prodigalite: il etait entoure de joueurs et autres aventuriers qui le depouillaient et l’entrainaient a des affaires suspectes. En avril 1778, Bobrinsky revint en Russie, mais recut l’ordre de ne pas paraitre a Petersbourg et de se fixer a Revel; le 18 juin 1790, il lut mis a la retraite comme brigadier, l’imperatrice etant fort irritee contre lui. A Revel, il epousa, le 16 janvier 1796, la fille du commandant, baronne Anna Yladimirowna Ungern-Sternberg; des lors il se rangea, et ses biens furent mis en ordre sous la tutelle de P Zavadowsky Les nouveaux maries habitaient alors le chateau d’Ober-Pahlen, pres Dorpat, mais recurent bientot l’autorisation de paraitre a la Cour. Paul Ier temoigna sa bienveillance a Bobrinsky, l’appelant „mon frere“, et l’eleva, le 20 novembre 1796, a la dignite de comte, puis le fit general-major et le nomma directeur des Eni'ants-Trouves de Petersbourg. Bobrinsky prit sa retraite en septembre 1798, et resta definitivement dans la vie privee, partageant son temps entre ses terres du gouvernement de Toula, Ober-Pahlen et Petersbourg. Apres avoir passe tonte sa jeunesse sans s’interesser a rien, Bobrinsky lit dans la suite avec succes de l’exploitation rurale. Il tenait de son pere la passion de la physique experimentale et de l’astronomie, et s’occupa egalement de mineralogie. Vers la lin de sa vie, il cessa de prendre soin de sa personne: de loin en loin seulement, quand il avait du monde, il se contentait de planter sur sa grosse tete prematurement chauve une perruque quelconque, et souvent de travers. Il avait des habits graisseux, et mettait pour sortir une redingote grise a la vieille mode avec des pieces de monnaie plein scs poches, or, argent, et billon separement, pour distribuer aux pauvres, a son idee. Il faisait aussi du travail manuel, et allait diner directement en sortant de son laboratoire ou de son atelier sans s’habiller ni se laver les mains. Il mourut a Bogoro-ditzky, gouvernement de Toula, le 20 juin 1815, et fut inhume a Bobriki. (D’apres un original de Christineck, appartenant au comte Alexis Bobrinsky, St-Petersbourg.)