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102 Don ANTOINE MARESCA DONNORSO, duc de SERRA -CAPRIOLA, 1750—1822, ne a Naples le 5 fevrier 1750, entra dans la carriere diplomatique en 1782, en qualite de ministre plenipotentiaire et ambassadeur extraordinaire du roi des Deux-Siciles a la Cour de Catherine II. Grace a son habilete et a ses qualites personnelles, il sut creer a la mission napolitaine une position brillante, comme elle n’en avait jamais eu: il conclut un certain nombre de traites avantageux pour son pays, tout en se conciliant en meme temps l’estime du cabinet russe. Sous le regne de Paul Ier, non seulement il fut le seul diplomate a se maintenir a la cour de Russie, mais encore il sut gagner la faveur de l’Empereur, qui lui confera la grand croix de l’ordre de St-Jean-de-Jerusalem et. le 11 janvier 1800, le cordon de St-Andre. A cette epoque, Rotchoubey le soupconnait de fomenter des intrigues de concert avec le comte Litla, trouvait qu’il avait a la Cour plus d’importance que le vice-chancelier, qui etait lui-meme, et se sentait particulierement vexe de ne venir qu’apres lui aux ceremonies comme commandeur de l’ordre de Malte- Lors du sejour de Louis XYIII a Mittau, sa sollicitude pour la famille royale lui assura la reconnaissance du roi. L’occupation de Naples priva le duc de ses biens; il ne voulut cependant rien recevoir de Napoleon, qui s’efforcait de le ranger de son cote et lui fit les plus brillantes propositions, d’autant plus qu’il lui faisait grand tort a Petersbourg grace a son influence sur l’opinion publique. „Quant a S.-C.“, ecrivait S. Worontzoff, „je serai tres etonne si j’apprends que ce bavard ait de l’influence chez nous“. Il protesta contre la paix de Tilsitt et ecrivit a Alexandre Ier pour reclamer la modification de l’article 14 du traite; quand le trone de Naples eut ete garanti a Murat, il resta a Petersbourg comme simple particulier, mais sans cesser ses menees energiques contre Napoleon: il devint le centre de l’opposition et le chef des agences secretes dans toute l’Europe et en Angleterre. Sa situation finit par etre equivoque, et Rogerson ecrivait en 1808: „La rupture a present ouverte, naturellement, a rompu les relations du bon duc de S.-C. avec notre cour: nonobstant, je crois qu’il restera comme particulier ici. Il est tres generalement aime et estime, meme de ces personnes qui ont a adopter d’autres principes que lui. Il est pour le moins deja demi-national, et par son long sejour et par son union avec une des anciennes familles dans le pays“. Et le duc lui-meme disait: ,,Si la France demandait qu’il fut chasse, on n’oserait pas le faire parce que le public y serait tout a fait contraire“. Au congres de Tienne, il defendit les interets du roi Ferdinand IY, puis alla passer un an dans sa patrie qu’il n’avait pas revue depuis trente-deux ans. De retour en Russie, il envoya en 1820, a l’occasion des troubles de Naples, de bons conseils au roi et se fit ainsi de nombreux partisans, puis, a la demande du roi, preta serment a la constitution de 1820, et finit par tomber en defaveur, mais sans etre releve de ses fonctions. Doue d’une excellente sante, tout en souffrant parfois d’attaques de goutte qu’il avait l’habitude de traiter au champagne, il mourut apres trois jours de maladie le 15 novembre 1822. Alexandre Ier ecrivit a sa veuve, Anne Alexan-drowna, nee princesse Yiazemsky, une lettre touchante, et le roi de Naples exprima a son fils ses sentiments d’affection et d’estime pour le defunt. Constantin Boulgakoff, qui fut a ses funerailles „avec toute la ville“, ecrivait a son frere au sujet de sa mort: „L’honorable duc de Serra vient de mourir, regrette de tous. Les uns disent qu’il s’etait abime l’estomac, les autres que c’est la goutte, ce qui est le plus probable. C’etait un bon vieux qui aimait la Russie et les Russes et en etait aime“. A cette lettre Alexandre Boulgakoff repond de Moscou: „Sinceres condoleances pour la mort du bon duc de Serra-Capriola. Il avait une fermete de caractere, une elevation de sentiments et un attachement pour son Souverain bien dignes de respect. Au temps jadis, lorsque tout rampait devant Napoleon, il etait presque le seul a ne pas le reconnaitre et resta ferme dans ses principes“. Comme diplomate, il avait la fameuse devise Prevoir, attendre et profiter. (D’apres une miniature de la collection du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch. )