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75 Le comte ALEXIS IVANOWITCH MOUSSINE-POUCHKINE, 1744 — 1817, fils d’un capitaine de la Garde et de Natalie Mikhailowna, nee Priklonsky, naquit le 16 mars 1744. A sa sortie de l’Ecole d’Artillerie, il fut jusqu’en 1772 aide de camp du prince G. Orloff, ce qui le fit connaitre de bonne heure a Catherine II. Son service dans l’artillerie ne l’empecha pas de faire avec amour de la science et de la litterature. En 1775, au retour d’un voyage en Europe, ou il redigea des Memoires et s’occupa particulierement d’art, il devint maitre des ceremonies; il fut nomme, en 1789, directeur du „gymnase des orthodoxes etrangers“, et en 1790 membre de l’Academie Russe pour son explication des termes vieux-russes doumny diak (secretaire de la Douma des Boyards) et doumny dvorianine (noble de la meme assemblee). L’acquisition qu’il fit des livres et papiers de Krechkine jeta les bases de sa celebre collection de manuscrits. Avec son gout pour recueillir toute espece d’antiquites et pour enregistrer des informations et anecdotes historiques, il fut bientot en possession de pieces rares telles que des monnaies des princes Yladimir et Yaroslav, la pierre de Tmoutorakane avec son inscription de 1068 (conservee a l’Ermitage), la Chronique disparue du prince Kri-vobor et l’unique manuscrit du Chant d’Igor. „Amateur enthousiaste de nos antiquites“, dit Boltine, „Moussine-Pouchkine. a force de peine, de sacrifices et surtout de chance, car, dit le proverbe, la balle cherche le joueur, a rassemble nombre de livres tres rares et estimables pour les connaisseurs“. Catherine elle-meme connaissait sa collection et lui fit present de quelques livres et manuscrits sur papyrus et parchemin, „qu’elle-meme avait peine a lire“. Pourtant, la faveur de l’imperatrice, la droiture de son caractere et l’accusation de „gallomanie nuisible“ lui causerent de nombreux desagrements de la part des envieux et des intrigants de la Cour. En 1791, il fut nomme procureur du Saint Synode, ce qui contribua encore au developpement de sa bibliotheque, car il avait ainsi „fait connaissance et noue des relations etroites avec des ecclesiastiques“. A l’avenement de Paul Ier, il quitta le Synode, ou il s’etait concilie l’estime et l’affection generales par son „zele pour le culte de la verite“, selon l’expression du metropolite Gabriel (Petroff). En 1797, l’Empereur lui donna 1000 tetes de paysans: il les fit repartir entre ses subordonnes; alors Paul l’eleva le 5 avril 1797 a la dignite de comte. En 1799. il prit sa retraite pour se fixer a Moscou, au milieu de ses cheres collections, dans son immense maison de Razgouliai. L'a il publia en 1800 le Chant d’Igor, et en 1810 une etude sur la localite Kholopy Gorodok, sur la Mologa. Il avait edite auparavant, avec ses amis Elaguine et Boltine, en 1792 le code vieux-russe connu sous le nom de Rousskaia Pravda, et en 1795 l’instruction de Yladimir Monomaque. A la veille de 1812, son ami Bantych-Kamensky l’avait decide a faire don de sa collection a la bibliotheque des Archives du College des Affaires etrangeres, mais il lui fut difficile de se separer tout d’un coup de ses tresors, et, dit-il lui-meme, „il n’eut pas le temps d’accomplir son intention meritoire“: sa precieuse bibliotheque perit tout entiere dans l’incendie de Moscou. Seul le manuscrit du moine Laurent de la Chronique de Nestor, offert par le comte a Alexandre Ier, se trouvait en surete a la Bibliotheque Publique. Ce fut un coup terrible pour le vieillard; pour comble de malheur, il perdit a Lunebourg le 21 mars 1815 son fils Alexandre, age de 24 ans, qu’il destinait aux etudes historiques. Depuis ce temps, et jusqu’a la fin de ses jours, dit Tvalaidowitch, „son regard morose ne s’animait que dans la societe d’amateurs de l’histoire nationale“... Le comte Moussine-Pouchkine mourut le 1er fevrier 1817 a Moscou; son service funebre fut celebre a l’eglise de l’Epiphanie 'a Elokhoff par l’archeveque de Moscou Augustin, et il lut inhume dans son domaine d’Ilomny, district de Mologa. ,,11 accorda son amitie“ a Karamzine, Boltine, Bantych-Kamensky...., et „son esprit, ses merites et les services qu’il rendit a la science furent apprecies par la Grande Catherine“. (D’apres une miniature appartenant a Mme L. Loukoutine, Moscou.)