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64 JOHN-SAMUEL ROGERSON, 174I—1845, ecossais, diplome de l’universite d’Edimbourg en 1765, vint l’annee suivante a St-Petersbourg passer l’examen du College de medecine, et, examine par des etrangers comme lui, le baron Achem, Pekken et Lindemann, recut, le 5 septembre 1766, le diplome donnant le droit d’exercer en Russie. H dut le commencement de sa notoriete a la Cour a la princesse Dachkoff, pour avoir sauve son fils du croup. Le 18 fevrier 1769, il fut nomme medecin de la Cour. Catherine II ne croyait pas aux medecins, „car elle avait lu Moliere“, Elle n’epargnait pas non plus Rogerson et lui disait souvent: „Les remedes me generaient pour mes occupations; ce sera assez pour moi de te regarder“. Douee d’une sante de fer, elle le considerait plutot comme un ami et s’amusait de ses incartades familieres. Un jour qu’il avait reussi a lui faire prendre un remede quelconque, il s’ecria en lui frappant sur l’epaule: „Bravo, bravo, Madame!“ Cet ecossais, long et sec, a perruque et a figure rouge, au caractere grincheux et emporte, avec sa gaucherie, mais ses manieres distinguees, etait devoue a Catherine de toute son ame. Cela fit pretendre a beaucoup de contemporains qu’il appliquait sa science non seulement a saigner l’imperatrice, mais aussi a l’inspirer dans le choix de ses favoris. La bienveillance de la Souveraine et son habilete plus imaginaire que reelle lui ouvrirent toutes les portes, et il soignait la ville tout entiere. Catherine ecrivait a propos de la mort du feld-marechal prince Golitzyne: „Pour moi, quand on se met dans les mains de Rogerson, on est un homme mort“. Les grands seigneurs de Catherine aimaient s’amuser aux depens de cet original d’anglais: il avait la manie de jouer gros jeu au whist, jouait mal, se disputait avec ses partenaires, et leur reprochait de lui gater sa digestion. Une fois, Bezborodko donna l’ordre de tirer le canon a chaque renonce de Rogerson, ce qui le mit fort en colere. Il avait surtout un faible particulier pour la politique; il etait egalement amateur de toute espece de nouvelles, d’histoires et de commerages, savait tout ce qui se faisait dans chaque maison, et Catherine elle-meme disait de lui qu’il venait a l’Ermitage „recueillir les nouvelles“. Tout cela ne l’empechait pas d’avoir beaucoup d’amis sinceres, comme Zavadowsky, Rostoptchine, Rotchoubey et le comte S. Worontzoff. Intermediaire de Worontzoff pour sa correspondance avec ses amis de Petersbourg, il fait lui-meme dans ses lettres avec une exactitude surprenante le tableau de la situation de la Russie, qu’il n’aimait pas moins que sa patrie. L’arrivee a Petersbourg du docteur Weickart, lance par Gregoire Orloff, faillit compromettre la position de Rogerson; quand Weickart eut recu le titre nouveau en Russie de medecin de la Chambre, Rogerson demanda un conge et quitta Tzarskoie. A ce moment, Lanskoi tomba malade; les medecins, Weickart a leur tete, ne purent le sauver, et Catherine fit venir Rogerson pour administrer au malade „de la poudre James, que les allemands n’ont pas su lui donner“. Lanskoi mourut dans la nuit (24/25 juin 1784), et Rogerson resta, car l’imperatrice etait malade de douleur et ne voulait pas d’autre medecin. L’annee suivante, il alla en Angleterre, a Paris et a Tienne. Le 5 novembre 1796, il fut le premier au chevet de l’imperatrice mourante; il la saigna, mais en disant que ,,1’attaque avait porte au cerveau et etait mortelle“. Au couronnement de Paul Ier, il fut fait conseiller prive actuel et resta en Russie pendant tout le regne et la premiere moitie de celui d’Alexandre Ier. Toujours medecin des membres de la famille Imperiale, il ne pratiquait plus que chez ses amis, allait souvent dans ses terres de Russie Blanche, ou il avait recu 1600 tetes de paysans et qu’il faisait valoir lui-meme. En 1816, il lanca son compatriote Yillie et quitta la Russie pour se fixer dans sa propriete de la frontiere ecossaise, ou il mourut dans une profonde vieillesse, en 1845. On sait qu’il eut un fils qui jouit d’une bonne renommee comme medecin a Plymouth. (D’apres une miniature appartenant au prince A. Kourakine. St-Petersbourg.)