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55 Le comte ALEXIS GRIGORIEWITCH RAZOUMOWSKY, 1709 —1771. fils d’un simple cosaque, Gre'goire Yako vie witch Rozoume, et de Natalie Demianowna Demechki, naquit a Lemcchy, pres Kozeltzk, le 17 mars 1709. Il dut toute son elevation a la fortune aveugle : berger etant petit, il apprit tant bien que mal a lire et a ecrire contre la volonte de son ivrogne de pere, puis se sauva de la maison paternelle et se refugia chez le chantre du village voisin; doue d’une voix merveilleuse, il chantait aux offices lorsque le colonel Yichnewsky vint a faire une tournee en Ukraine a la recherche de chantres pour la chapelle Imperiale. Il faisait partie depuis quelques annees des ch?urs Imperiaux quand il fut un jour remarque par la GrandeDuchesse Elisabeth Petrowna, dont l’attention fut attiree plus par sa beaute que par sa voix, et Rozoume, qui prit bientot le nom de Razoumowsky, devint d’abord le chantre de la Tzarewna, puis son „bandouriste“- Sur les entrefaites, Choubine, qui jouissait de la faveur particuliere d’Elisabeth, fut, en 1731, deporte en Siberie, et Razoumowsky le remplaca immediatement. Fait intendant des proprietes, puis du Palais de la princesse, eleve a la dignite de gentilhomme de la chambre, il sut s’attacher cette beaute a la tete legere, sans se faire d’ailleurs, grace a sa modestie, d’ennemis dans son entourage. L’avenement d’Elisabeth assura sa situation, mais seulement sa situation personnelle pres de la Souveraine, sans lui faire prendre d’importance dans les affaires, il eut la droiture et la modestie de ne jamais se croire capable d’y jouer un role, et de ne pas se meler de politique ni prendre part aux rivalites de partis a la Cour, ce qui ne l’empecha pas de servir parfois les visees de gens adroits, courtisans et personnages recouverts du froc. Elisabeth le combla de faveurs: en 1742, il etait deja grand veneur et chevalier de St-Andre, puis lieutenant-colonel de la Garde a cheval, capitaine-lieutenant de la compagnie d’elite et feld-marechal; il recut toute une serie de domaines, entre autres le fameux Poretchie, plusieurs maisons a Petersbourg et a Moscou, parmi lesquelles le Palais Anitchkoff et le propre palais de la Cesarewna (sur l’emplacement occupe aujourd’hui par les casernes du regiment Pavlowsky), et, a Moscou, une maison batie par Rastrelli, sur la Pokrowka (4e gymnase). Une tradition veut qu’a l’automne de 1742, l’imperatrice ait epouse Razoumowsky a Perovo. pres Moscou: depuis ce moment tout le monde lui temoigna les hommages dus a l’epoux de la Souveraine, qui lui donnait elle-meme en public des marques de tendresse. Le 15 juin 1744, il fut fait comte. Il enrichit toute sa parente: les Petits-Russiens, ses compatriotes, trouvaient chez lui un accueil empresse et une chaleureuse protection. Il conserva jusqu’a la mort d’Elisabeth sa position pres d’elle; il cessa d’etre favori lorsque parurent Beketoff, Chouvaloff et autres, mais elle lui laissa toujours sa confiance la plus absolue, et il resta pour elle l’ami dont on ne se detache pas et dont on continue toujours de prevenir et de satisfaire les desirs et les gouts. A la mort d’Elisabeth, depouille de toute son importance et n’occupant aucune fonction, il se retira a Moscou, dans sa maison de la Pokrowka. C’est la, selon la tradition, qu’eut lieu en presence du comte M. Worontzoff la scene ou il brula tous les documents et renonca a son mariage avec Elisabeth. Les Orloff arguaient de ce mariage, et Catherine apprecia hautement l’acte de Razoumowsky. Le comte Razoumowsky mourut a Petersbourg, le 6 juin 1771. et fut inhume au monastere d’Alexandre Newsky, a l’eglise de l’Annonciation. Le biographe de la famille revoque en doute l’authenticite des nombreuses traditions et allegations mises en avant par les etrangers sur les enfants d’Elisabeth et de Razoumowsky : selon lui, il n’en existait aucun. ,,Ami sans arriere-pensee“ d’Elisabeth, Razoumowsky etait bon et loyal, et, dit Petzold, „tout le monde le considerait comme inoffensif“. Grand, bien fait, le teint un peu bronze, les yeux noirs et encadres de sourcils arques egalement noirs, il pouvait passer pour un des plus beaux hommes de son temps, mais le lustre de la Cour lui allait mal; il resta toujours ce qu’il etait, un simple et naif cosaque, un peu ruse et moqueur, mais bon enfant avant tout, avec un amour demesure de son Ukraine et de sa famille. Il ne put meme jamais se debarrasser de son gout- petit-russien pour le vin: il buvait avec ses compatriotes de passage, et „avait le vin fort turbulent“, au point que la favorite d’Elisabeth, Mavra Chouvaloff, chantait des actions de graces quand son mari revenait de la chasse sans avoir ete roue de coups par Razoumowsky. (D’apres une miniature appartenant a P. Dournovo, St-Petersbourg.)