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162 Le comte CHARLES POZZO-di-BORGO, 1764 —1842, originaire d’une vieille famille corse, naquit le 8 mars 1764 a Alata, pres Ajaccio. Il commenca ses etudes au College Royal de sa ville natale et les acheva a l’universite de Pise, au sortir de laquelle il revint etre avocat dans son pays. Sa famille etait en bonnes relations avec celle des Bonaparte, et le jeune homme fut ami du futur empereur. En 1789. il fut elu secretaire du college electoral de la noblesse et redigea les instructions aux deputes des Etats-Generaux, puis fut de ceux qui deposerent a l’Assemblee Nationale une petition tendant 'a l’annexion de la Corse et a son erection en departement francais. Membre de l’Assemblee Legislative, il adhera au parti monarchiste, et, a la proclamation de la Republique, rentra dans son pays, ou il continua a jouer un role marquant comme procureur-syndic general. A ce moment, les rapports des Bonaparte et de Pozzo changerent completement: tandis que les premiers furent jacobins, Pozzo forma le parti qui fit mettre en 1794 la Corse sous la protection anglaise. Mais lorsque, en 17 96. ce fut les partisans de la France qui prirent le dessus, il donna sa demission de president du Conseil de l’Empire et quitta pour toujours sa patrie. Il vecut tantot en Angleterre, tantot a Tienne, faisant de l’agitation en faveur de la coalition contre la France. En 1804, il entra au service russe avec rang de conseiller d’etat, fut colonel en 1806, et remplit plusieurs missions diplomatiques. Apres la paix de Tilsitt, il dut changer de ligne de conduite, et, de 1810 a la fin de 1812, resta a l’ecart. En decembre 1812, Alexandre Ier le fit rentrer au service; en 1815, il fut promu general major, et en 1814, general aide de camp, puis nomme ambassadeur a Paris Waterloo lui valut St-Georges de 4e classe; en 1826, il fut eleve a la dignite de comte de l’Empire russe: Louis XYIII lui avait deja confere en 1818 celle de comte et pair de France. En 1827, il fut fait general d’infanterie et, en 1850, chevalier de St-Andre. La fin des guerres Napoleoniennes marque le commencement d’une nouvelle periode de sa carriere: autant il avait ete ennemi de la France, autant il s’employa des lors a l’affermissement de la paix et a la conclusion d’une alliance franco-russe. A Petersbourg, sans etre toujours de son avis, on faisait grand cas de ses talents de diplomate et on tenait toujours a connaitre son opinion sur les questions les plus importantes de politique internationale. Il alla a tous les congres comme representant de la Russie, et fut le guide de sa politique europeenne- Il remplit a plusieurs reprises d’importantes missions en dehors de ses attributions strictes. Grace a lui. l’influence de la Russie sur le gouvernement francais fut si grande, que. Louis XYIII n’entreprenait rien sans le consentement d’Alexandre Ier Apres la Revolution de Juillet, sa position devint difficile. Nicolas Ier ne voulut pas reconnaitre tout de suite Louis-Philippe, mais Pozzo lui en fit comprendre la necessite. En 1855, il fut, a son grand desespoir, envoye a Londres, et, en 1859. sa sante lui fit prendre sa retraite; il se fixa a Paris, ou il mourut le 15 fevrier 1842. Pozzo-di-Borgo ne dut qu’a ses eminentes capacites la haute situation a laquelle il parvint. Il avait pour grande regle politique d’agir ouvertement et franchement, car „en diplomatie, quand on veut user de ruse, on tombe souvent soi-meme dans les pieges qu’on tendait aux autres“. Extremement observateur, doue d’une riche memoire et d’un esprit net, precis et rigoureusement logique, on peut dire qu’il avait bien la faculte de prevoir il lui arriva souvent de predire les evenements sans se tromper. Comme homme, il se distinguait par la noblesse et la bonte de son caractere- Entierement independant, il disait carrement ce qu’il considerait comme la verite. Tres spirituel, il avait une conversation agreable et brillante. On lui reprochait son humeur vindicative, notamment a l’egard des Bonaparte· or les freres et s?urs de Napoleon, apres sa chute, s’adresserent justement a lui, et il ne leur refusa pas sa protection. Dans la vie privee, c’etait un homme interesse, et il laissa une fortune assez considerable a son neveu, qui herita egalement de son titre. ( D’apres une miniature d’Isabey, appartenant a la comtesse Pozzo-di-Borgo, Paris.?