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156 MICHEL FEODOROWITCH ORLOFF, 1788 —1842, fils (officiellement „pupille“) (lu comte Theodore Grigoriewitch Orloff, general en chef, et de la veuve d’un fourrier de la chambre, Elisabeth Mikhailowna Popoff (-j- 1791), fille du negociant moscovite Goussiatnikoff, naquit a .Moscou le 25 mars 1788. Le titre et le nom de son pere lui furent conferes, ainsi qu’a ses freres et a sa s?ur, en 1796. Il fit ses etudes a la pension de l’abbe Nicole. Entre en 1801 au College des Affaires etrangeres, il passa en 1805 comme porte-drapeau aux Chevaliers-Gardes, avec lesquels il fut a la bataille d’Austerlitz. Promu cornette l’annee suivante, il fit les guerres de Napoleon, arriva au grade .de colonel et recut le titre d’aide de camp de Sa Majeste et la croix de St-Georges de 4e classe. Il eut un role marquant lors de la prise de Paris: ce fut lui qui redigea les conditions de la capitulation. En 1814. il fut promu general major de la Suite de Sa Majeste pour le service de l’etat-major, et charge d’une importante mission diplomatique a Copenhague et Christiania, la negociation avec le roi de Danemark de la cession de la Suede et de la Norvege: elle n’aboutit pas. Ensuite il fut un certain temps chef de l’etat-major du 7® corps d’infanterie reste en France, puis attache a l’Empereur-En 1817, il fut nomme chef de l’etat-major du 4e corps d’infanterie, puis, de 1820 a 1823, commanda la 16e division d’inlanterie. Orloff prit a tache de repandre l’instruction parmi les soldats et d’instituer a leur egard un traitement plus humain: il organisa des ecoles de Lancastre pour les hommes et supprima dans sa division les chatiments corporels. Mais aussi la division n’etait pas a la hauteur de sa tache, la discipline avait assez a souffrir, il se trouvait des officiers affilies a une societe secrete, et le chef lui-meme n’etait pas a cet egard au-dessus du soupcon: Orloff fut en consequence destitue. Il partageait effectivement les idees liberales du temps. Peu apres son retour de France, il prit part a la redaction d’une adresse pour la suppression du servage, et, devenu membre de la societe litteraire Arzamas, il entreprit de la transformer et d’elargir le cercle de ses attributions. La connaissance du Tugendbund allemand lui donna l’idee de fonder une societe secrete destinee a lutter avec la venalite et les autres defauts de la vie russe, mais il apprit qu’il existait deja une societe de ce genre, et se mit en relations avec ses fondateurs: en 1820, il devint lui-meme membre de cette Alliance de Prosperite, mais il en sortit l’annee suivante, mecontent d’elle, et d’ailleurs presse par la famille de sa fiancee (il epousa en mai 1821 Catherine Nikolaewna Raewsky ). Les futurs Decabristes regardaient pourtant Orloff comme un des leurs et comptaient sur son concours au moment decisif. Au 14 decembre 1825. il fut arrete et passa six mois a la Citadelle Pierre-et-Paul. Nicolas Ier, bien dispose a l’egard de son frere Alexis (plus tard prince), se montra genereux et commua sa peine: il fut revoque et dut se retirer dans sa propriete du gouvernement de Kalouga. Il obtint en 1831 l’autorisation de se fixer a Moscou. Il s’y trouva dans une position assez difficile: d’un cote, les autorites le г-egardaient de travers comme un liberal, et le tenaient sous la surveillance de la police, et de l’autre, les liberaux comparaient son sort avec celui des autres Decabristes. Neanmoins, il sut se faire apprecier dans la societe moscovite: il etait estime meme de la jeunesse, qui le depassait de beaucoup dans ses idees. Il consacra son temps a des travaux litteraires, surtout en matiere de finances, et a des causeries avec ses amis. Il se mela egalement a la vie de la societe et fut un des fondateurs de l’Ecole de peinture, de sculpture et d’architecture. C’etait un esprit eminent, une ame elevee et un caractere noble, „un chevalier d’amour et d’honneur“, comme dit le prince Viazemsky. Sa personnalite avait tant de charme, que, quand on le connaissait, on ne pouvait s’empecher de l’aimer. Mais, enthousiaste et ardent a l’exces, il manquait souvent de retenue dans ses propos et obeissait a sa premiere impression. C’etait un bel homme, d’une force herculeenne. Il mourut le 19 mars 1842 a Moscou et fut inhume au monastere Novodevitchi. Il laissa un fils, Nicolas (1822 —1886), et une fille, Anne, mariee au prince Yachvil. (D’apres une aquarelle de Selino collection du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch.')