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83 SERGE ILYITCH MOUKHANOFF, 1762 —1842, Ills du colonel de la Garde a cheval Elie Ipatowitch, marie a Prascovie Feodorowna Saphonoff, est ne le 27 juin 1762; il commenca son service au regiment de Preobragensky, d’ou, en 1781, il passa dans la Garde a cheval avec le grade de marechal des logis; 5 ans plus tard, fut promu cornette; le 15 novembre 1792 promu capitaine de cavalerie et le 15 novembre 1796 colonel. Mis en disponibilite en mars 1798. il fut rappele a Petersbourg au mois d’aout, nomme conseiller d’etat et commis a la charge d’ecuyer et au bout d’un mois promu conseiller d’etat actuel. Chasse du service, grace aux insinuations de Constantin Pavlowitch, Moukhanoff fut recu a la cour sur le desir personnel de l’Empereur: „Pendant les 2V2 annees de son service, sous le regne de Paul“, ecrit la fille de Moukhanoff, „l’Empereur ne regarda jamais mon pere de travers, il faisait tout ce qu’il lui plaisait, se mettait a l’encontre du gout de l’Empereur et n’essuyait aucun reproche; bien au contraire, l’Empereur disait qu’il ne se fiait a personne, sinon aux deux Serge—dont l’un etait son confesseur, et l’autre mon pere“. Il faut ajouter d’ailleurs que Moukhanoff savait vivre en bonne intelligence avec Koutaissoff, le Grand-Duc Alexandre lui-meme le recherchait, et l’imperatrice Marie Feodorowna lui temoignait une entiere confiance et une bienveillance toute particuliere, qu’elle conserva a Moukhanoff jusqu’a sa fin. Celui-ci, a son tour, adorait et idolatrait l’imperatrice, etait en correspondance avec elle, l’aidait dans la direction de ses etablissements et executait souvent ses ?uvres personnelles de bienfaisance. Il considerait les Grands-Ducs et les Grandes-Duchesses comme des enfants qui avaient grandi sous ses yeux, mais il n’aimait pas Constantin Pavlowitch a cause de son caractere emporte et fut une fois cruellement offense par la Grande-Duchesse Catherine Pavlowna qui le recut dans une salle, a une reception publique, et lui adressa la parole en francais qu’il ne savait pas. En 1808. le 26 avril, Moukhanoff fut eleve a la dignite de grand ecuyer; en 1809, recut la plaque de St-Alexandre et, en 1815, l’ordre de St-Yladimir de 2e classe: dans l’exercice de cette charge, il s’occupa beaucoup de l’amelioration, en Russie, des races des purs sang. Au couronnement de l’Empereur Nicolas Ier, Moukhanoff recut l’ordre de St-Andre. Differentes intrigues le forcerent deux fois a s’eloigner momentanement de la cour; en 1820 et en 1829, il obtint un conge illimite pour se soigner et, a ce fait, il recut en dernier lieu, outre son traitement, une pension de 15 mille roubles. S. I. Moukhanoff expira le 20 mars 1842 ayant le grade de conseiller prive actuel, presque a l’age de 80 ans et est inhume dans l’abbaye de la Trinite; il etait marie a Varvara Dmitriewna Tourgueneff dont il eut quatre filles. „II etait de haute taille et avait un exterieur tres agreable, les yeux bruns, doux et caressants, le nez irregulier, un caractere egal et extremement affable; au sein de la famille c’etait un vrai ange et l’ami de ses enfants; il etait tres devot, n’avait pas de gout pour la musique, mais aimait l’horticulture, s’habillait toujours avec une telle recherche, que ses neveux se genaient d’aller le voir en redingote, parce que lui-meme etait en habit. Il avait beaucoup d’amis, il y avait en lui quelque chose „d’attirant“; ses subordonnes et ses domestiques l’aimaient, mais sa droiture et sa parole apre ne plaisaient pas a tout le monde. Il n’aimait pas Araktcheeff et ne le cachait pas, meme en presence d’Alexandre; il n’etait pas tres bien dispose non plus a l’egard d’un autre familier de l’Empereur, le prince P. M. Wolkonsky. qu’il soupconnait d’intriguer contre lui. Ce dernier lui disant: „Ne vous formalisez pas, S. I., je ne fais qu’accomplir la volonte de l’Empereur“, Moukhanoff lui repondit: „Certainement, nous sommes obliges d’accomplir n’importe quel ordre de l’Empereur; meme si l’Empereur me disait: „Fais pendre P. M. Wolkonsky a un tremble“, j’executerais cela sans delai“. Habitue a se conduire „sans servilite, mais avec dignite, attache de tout c?ur a la famille imperiale“, Moukhanoff avait son franc parler, parfois brusque, avec Alexandre Ier et Nicolas Ier, avec les Grands-Ducs Constantin et Michel et meme avec l’imperatrice Marie Feodorowna elle-meme, qu’il adorait. (D’apres l’aquarelle de P. Sokoloff. collection du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch.)