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68 La comtesse ELISABETH PETROWNA POTEMKINE, 1794—187,, fille du conseiller d’etat actuel prince Pierre Sergue'ewitch Troubetzkoi et de sa premiere femme, la princesse Darie Alexandrowna Grouzinsky (¦{· 1796), fut elevee, apres la mort de sa mere, avec ses cousines, les princesses Golitzyne, vu que dans sa famille il n’y avait que des garcons, dont l’un des cinq—son aine. Serge, fut dans la suite un des deca-bristes, „dictateur“ du gouvernement projete. Tenant de sa mere une fortune personnelle considerable, la princesse Troubetzkoi epousa en 1817 le dernier rejeton de la lignee des comtes Potemkine, le comte Serge Pavlowitch (ne le 25 decembre 1787), possesseur d’une fortune colossale. Les jeunes epoux habitaient Moscou, a la Pre-tchistenka, dans leur propre maison qui se distinguait par son opulence et un luxe artistique denotant le gout raffine des maitres. Ecrivain et musicien, sculpteur et architecte, le comte Potemkine ecrivit les „Reflexions en presence du cercueil“ du feld-marechal prince Koutouzoff et composa de nouveaux couplets pour la romance d’Aliabieff „Rossignol, mon Rossignol“ destines a la cantatrice Zontag; traduisait „Athalie“ et Racine pour le theatre et, en meme temps, faisait construire un iconostase au monastere Tchoudov. Sa femme se distinguait par une rare elegance. Neanmoins, les epoux n’etaient pas heureux; la faute doit en etre imputee a la prodigalite effrenee et au gros jeu du mari. Il dissipa toute sa fortune, se cacha a ses creanciers, fut emprisonne.. Sa femme fit des demarches pour le liberer de la tutelle (qui lui accordait, a elle, 50.000 r. par an; a lui, 6000 en tout) et supporta bien des deboires; elle etait meme privee des consolations que procurent les joies de la famille: elle desirait ardemment avoir des enfants et elle n’en avait pas. En 1841, apres que Potemkine se fut fixe a Petersbourg, les epoux se separerent definitivement. La comtesse Potemkine, femme d’une rare beaute, etait honoree de tous et se distinguait par sa modestie et sa simplicite. Etant encore tres jeune, en 1822, elle precha, parmi les dames de Moscou, la modestie dans les parures a savoir· „qu’il ne fallait porter ni blondes, ni dentelles, ni plumes, qu’il fallait aller au bal en simples robes de crepe sans garnitures et donner aux pauvres l’argent qui resterait a la maison“, mais, il me semble, conclut A. Boul-gakoff, que „cela restera ainsi malgre le consentement de beaucoup de petites-maitresses d’ici“. En 1829. lors du passage du prince de Perse a Moscou, le prince D. Golitzyne lui presenta la comtesse Potemkine. Elle lui adressa un compliment en langue persane, sur quoi le prince repondit avec une galanterie tout orientale: „Ce que je vois m’etonne plus que ce que je viens d’entendre“. Etant devenue veuve le 25 fevrier 1858, la comtesse Potemkine epousa, au mois d’aout 1859, le senateur Hippolyte Ivanowitch Podtchasky (ne en 1794, le 19 mars 1879), fils naturel du comte L. K. Razoumowsky et de Prascovie Mikhailowna Sobolewsky, s?ur de la mere des Perowsky. Ce mariage tardif couronnait d’ailleurs un profond attachement mutuel, datant de longtemps. Podtchasky avait un fils ne hors du mariage („Leon Podtchasky, fils de dame noble inconnue, ne a Moscou en 1856. dans la paroisse de l’eglise de Ste-Catherine, a la Gr. Ordynka, filleul du prince N. S. Menchikoff et de noble dame E. P. Kritzky, pupille du senateur H. I. Podtchasky: fut anobli le 20 fevrier 1857 il servit d’abord aux Archives des Affaires etrangeres de Moscou, ensuite comme magistrat a Kalouga; „ce jeune homme gai et aime de tous“ mojirut de la phthisie a Wiesbaden. Un des titres de la comtesse Potemkine a la celebrite est d’avoir conserve sa beaute jusque dans la plus profonde vieillesse. Au mois de septembre 1870. Moukhanoff ecrivait dans son „Journal“· „Pour le diner arriverent les Podtchasky, qui gouterent beaucoup le diner, tout particulierement l’ex-comtesse Potemkine, encore si gentille maintenant et auparavant si reputee pour sa beaute“, et le comte Boutourline dit en parlant d’elle: „Le surnom de „Ninon de Lenclos“ russe lui aurait tres bien convenu, parce que meme a cette epoque (I860) on aurait pu la mettre au nombre des beautes bien conservees, et elle avait plus de 60 ans; elle etait enormement changee 5 ans plus tard, lorsque je la vis en 1865, a peine remise de la perte de son fils unique, mort a Wiesbaden“; Sverbeeff en 1869 ecrit a son sujet: „La plus belle d’entre les belles, maintenant encore une jolie et elegante vieille“. A la fin de 1821, Riesener a peint son portrait en pied, en robe blanche, assise au balcon, avec la vue du monastere de St-Simon dans le lointain. Le comte n’ayant pas paye 5000 r- pour cette ?uvre, Riesener en demanda 2500, et le prince Serge Gagarine en offrit 1500. On ignore ou se trouve ce portrait- (D’apres une aquarelle de Hau, 1845, appartenant au prince A. Kourakine, St-Petersbourg. )