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65 La comtesse ANNA ARTUEMIEWNA BOUTOURLINE, 1777—185., seconde fille du comte Artheme Ivanowitch Worontzoff et de la comtesse Prascovie Feodorowna, nee Ryachnine-Samarine, epousa a 16 ans son cousin au troisieme degre, le comte Dmitri Petrowitch Boutourline. Le mariage eut lieu, non sans que sa tante, Anna Ivanowna Narychkine, eut exerce une certaine pression sur l’indecis fiance; il fut celebre dans le domaine de Belkine, que le comte Worontzoff avait dans le gouvernement de Tambov, et qui passa dans la suite a sa fille. Yu la jeunesse de la fiancee, on lui donna apres la noce, comme compagne, une vieille francaise, Mme Rebrouc; mais, des les premiers temps de son mariage, la jeune comtesse montra une energie, une audace qui n’etait pas de son age- A Yoroneje, elle apprit dans un bal qu’un certain speculateur pensait profiter de son absence pour attirer son mari dans une affaire fort desavantageuse; elle se jeta en toilette de bal dans une voiture, fit 160 verstes et arriva a temps pour sauver le comte de la ruine. La comtesse Boutourline aimait beaucoup la vie de campagne, ou son occupation favorite etait le jardinage. Douee de grandes capacites pour le dessin, elle s’occupa de miniature sur ivoire et atteignit en cet art une grande perfection. Elle fit aussi des aquarelles d’apres nature. Sincere admiratrice de Mme de Sevigne, dont elle connaissait les lettres a peu pres par c?ur, elle acquit, dans sa correspondance francaise, un chef-d’?uvre de style epistolaire. Elle ecrivait par contre le russe avec difficulte. En general, c’etait une femme instruite, intelligente, impressionnable et de caractere; elle aimait le monde et recevait, dans sa campagne et a St-Petersbourg, les etrangers, les emigres francais et les voyageurs. Le comte Joseph de Maistre, le pere Jourdan et d’autres Jesuites, qui etaient alors a l’apogee de leur puissance en Russie, venaient souvent la voir. C’est sous leur influence que, dans les annees 1815 et 1814, elle commenca a se preparer a entrer dans le giron de l’eglise catholique, nonobstant sa nature essentiellement religieuse et peut-etre grace a elle. En 1817, la sante de son epoux decida la comtesse a s’installer avec toute sa famille en Italie. Elle choisit comme sejour Florence et s’etablit d’abord dans la villa Palmieri, puis au palais Niccolini, qu’elle avait achete. L’existence dans un pays catholique detourna completement la comtesse de la Russie, et le cosmopolitisme et les habitudes etrangeres de vie s’emparerent de sa personne. En 1825, elle passa completement au catholicisme avec ses filles et son fils aine et. quoique le vieux comte, reste fidele a l’orthodoxie et qui avait une eglise dans son palais italien, dut lourdement ressentir le changement de religion de sa femme et de ses enfants, la comtesse Boutourline sut „conserver intact son foyer domestique“. Yeuve en 1829, elle revint une seule fois en Russie pour arranger les affaires embrouillees de son cadet. Elle mojirut a un age avance apres 1856. La comtesse Boutourline avait deux fils, Pierre et Michel, et trois filles, Marie, Elisabeth et Helene, mariees a des etrangers: la premiere au comte de Toscane Dini, la seconde au marquis de Lombardie Som-mariva et la troisieme au prince de Lombardie Yidonia-Sorreggiano. (D’apres une miniature de la collection du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch. )