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104 La princesse ANNE DANILOWNA TROUBETZKOI, 171- —177., fille du prince Daniel Andreewitch Droutzkoi, epousa en premieres noces un emigre valaque, le major Mathieu Andreewitch Kheraskoff (Ileresco), mort en 1734 commandant de la ville de Pereyaslavl, et eut trois fils, Alexandre, Pierre et Michel, dont le dernier se fit par sa Rossiade une celebrite d’IIomere russe. Yeuve de bonne heure, elle se remaria le 10 novembre 1755 au prince Nikita Youriewitch Troubetzkoi, egalement veuf, decide surtout par la bienveillance dont elle etait l’objet de la part du feld-marechal Minnich. Piquante et deluree, elle suivit l’armee partout: elle partit pour Otchakoff dans une position interessante, et accoucha dans la vie des camps, „a l’ile de Kolomna, pres des rapides du Dniester“. Minnich, „toujours amoureux de la belle princesse Troubetzkoi“, hissait le mari de grade en grade, et, fermant les yeux sur son incapacite et sa negligence dans le service, le fit parvenir au poste eleve de procureur general. La princesse avait sa part de la brillante situation de son mari a la Cour; mais, tandis qu’il abandonnait sa femme pour preter serment a Catherine, elle etait du nombre des personnes „bien en cour“ pres de Pierre III qui suivaient l’Empereur dechu, le 28 juin 1762, dans sa fuite malheureuse a Cronstadt. La princesse Troubetzkoi eut de son second mariage, outre trois fils et deux filles morts en bas age, cinq fils, Youri, Alexis, Nicolas, Alexandre et Basile, et trois filles, Anne, mariee a A. Narychkine, Helene, au prince A. Viazemsky, et Catherine, entree en religion. Soumarokoff (-{- 1779) a compose, en vers bourres de lieux communs, une Epitaphe pour Son Altesse la Princesse Anne Danilowna Troubetzkoi: „Princesse Troubetzkoi, descendue au tombeau! „De son heure derniere ont sonne les instants, „Et vers le Ciel deja son ame est envolee. „Chacun gemit, et moi, tout emu, je gemis! „De toi, disent les siens, nous voila separes! ,,Or, c’est l'a le destin a chacun reserve: „II est ecrit, mais tous le trouvent effrayant. „De larmes sur nos morts tous les torrents sont vains, „Mais notre ame ne peut retenir ces torrents. „Chacun de la defunte exhale ses regrets: „О notre mere a tous, tu n’es plus, tu n’es plus! „Mais, helas! A ce sort nul ne peut echapper; „On nait, on fait son temps, puis on quitte ce monde: „Cet ordre, helas! est tel, qu’on n’y peut rien changer! „Mais si nous n’osons pas contre Dieu murmurer, „II nous donne l’espoir pour essuyer nos larmes, „Et nous esperons vivre au-del'a de la mort. „Mais comment? О mon Dieu! Ce comment nous echappe; „L’ame espere, et l’esprit est tout deconcerte: „Notre immortalite lui semble impenetrable. „Mais Dieu, le tout-puissant, est juste et genereux: „Pouvons-nous donc de lui concevoir cette idee, „Qu’il nous aurait crees pour nous reduire en poudre? „Non! Pour lui rendre hommage il nous donna la vie!“ (D’apr'es un original du Musee Alexandre III.)