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99 DIMITRI PETROWITCH REZYOI, 1762—1825, etait fils du notable citoyen de St-Petersbourg et proprietaire de pecheries et de terrains considerables sur les bords et aux iles de la Neva, Pierre Terentiewitch Rezvoi (1729—1779) et d’Anne Dmitriewna, nee Koukine, originaire de St-Petersbourg (-j- 1801, inhumee avec son mari au cimetiere de la cathedrale de Schlusselbourg). Il debuta au service en 1785 sergent au 2e regiment de canonniers d’artillerie, puis, en 1786, passa porte-enseigne et fut nomme traducteur a l’etat-major du general en chef Miller. Ses trente annees de service passerent en guerres et en campagnes. Il fit ses premieres armes en Turquie: en 1788, sous le commandement de Souvoroff, il prit part a l’affaire de Rinburn et a l’assaut d’Otchakoff, l’annee suivante, a l’enlevement d’Akkermann et de Bender, et en 1791 a la prise de Matchine. Il fit ensuite en 1794 la campagne de Pologne, ou il combattit a Kroutchitza, Brest, Kobylka et a la prise de Praga, et, en 1799.. celle de Suisse, ou il fut a Zurich et a la Schlich. En 1807, dans la seconde guerre de Napoleon, il se trouva a Yankovo, Lansberg, Preussisch Eylau, ou il commandait toute l’artillerie de l’armee et fut blesse, puis Wolfsdorf, Gutstadt, Heilsberg et Friedland. Il fit encore, avant la Guerre Patriotique, la campagne de Turquie de 1808 a 1812, ou il recut une nouvelle blessure, puis celles contre les Francais pour la liberation du territoire russe, et enfin, celles de 1815 et 1814, apres quoi il fut mis a la retraite avec grade de general major en 1815, pour raisons de sante. Esprit peu commun, au temoignage des contemporains, comme instruction et comme lumieres, il possedait en outre les aptitudes les plus variees. La periode qui s’ecoula de 1805 a 1812, entre le moment ou s’etait revelee l’intention de Napoleon d’entrer en lutte avec la Russie et celui ou il la realisa par son invasion, vit s’accomplir une reforme radicale de notre artillerie de campagne: Rezvoi en transforma les armements et inaugura de nouvelles formations et de nouvelles operations de combat, deployant une activite des plus energiques, qui lui valut un rescrit de Sa Majeste et Ste-Anne de 2e classe en diamants. A Preussisch Eylau, ou il avait toute l’artillerie de l’armee sous ses ordres, il mit pour la premiere fois en pratique, et sur une echelle inconnue jusqu’alors, sa tactique de formations en masse, a laquelle est due en grande partie le brillant resultat de cette bataille des plus sanglantes avec Napoleon. Ses exploits guerriers lui valurent: la prise de Praga St-Georges de 4e classe, la bataille de Tataritza avec les Turcs le 10 octobre 1809 St-Georges de 5e classe, la campagne de Suisse en 1799 sous les ordres de Souvoroff le commandorat honoraire de Saint-Jean-de-Jerusalem avec rescrit de Paul Ier en date du 4 decembre 1800, Heilsberg et Friedland une epee d’or enrichie de diamants. Il avait en outre St-Yladimir de 2e et de 5e classes et Ste-Anne (Preussisch Eylau). Si Rezvoi ne fit comme service qu’une carriere relativement insignifiante, la raison en est dans l’animosite du tout-puissant Araktcheeff, a laquelle une tradition de famille donne l’origine suivante. Un jour que Rezvoi traitait quelques officiers de ses camarades, la conversation tomba sur Araktcheeff, qui aurait dit peu auparavant a un officier d’artillerie: „Prends ta retraite: je te ferai donner une pension de mille roubles!“— „Mille roubles“, aurait interrompu le maitre de la maison, „mais je lui en donnerais bien a lui trois mille de ma poche, pour qu’il s’en aille lui-meme!“ Ce propos serait parvenu aux oreilles d’Araktcheeff, et Rezvoi fut, depuis 1810, systematiquement laisse de cote a toutes les nominations, promotions et decorations. Le commandant en chef Bennigsen avait fait porter a l’ordre du jour de l’armee le 5 juillet 1814 l’ordre de Sa Majeste nommant le general major Rezvoi general lieutenant; mais, a St-Petersbourg, Araktcheeff refusa sa ratification a cet ordre du jour, et, apres avoir ete un an general lieutenant en fait, Rezvoi dut reprendre son ancien grade. Meme a sa retraite, le 17 decembre 1815, apres quinze annees entieres de grade de general major (depuis le 15 octobre 1799), passees en campagnes continuelles, il n’obtint pas non plus son avancement. Rezvoi mourut le 19 janvier 1825, et fut inhume au cimetiere de la Manufacture de Porcelaine, (D’apres une miniature de Charles Yernet, 1805, appartenant a D. Rezvoi, St-Petersbourg.)