* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
95 La comtesse ANNE PAVLOWNA RAMENSKY, 1749 —1826, fille du prince Paul Nikolaewitch Chtcherbatoff, lieutenant-colonel, et de la princesse Marie Feodorowna, nee Golitzyne, naquit le 26 septembre 1749, et epousa le 5 avril 1771 Michel Fedotowitch Ramensky (1738 —1809), dans la suite comte. Les contemporains qui la connaissaient la representent comme ,,une des plus jolies femmes du temps, ame noble, c?ur bon, caractere doux“. Elle fut tres malheureuse en menage: victime d’un mari brutal et despotique, qui ne lui cachait pas sa liaison avec une femme de basse condition, pour laquelle il la quittait constamment, mais aussi profondement religieuse et d’une extreme rigueur de principes, elle supporta tout avec resignation jusqu’a la mort de ce mari, tue par ses serfs revoltes de ses cruautes. Elle vecut des lors, tantot a Orel, chez son fils aine Serge, tantot a Moscou, dans sa maison situee vis-a-vis du monastere Petrowsky et type de la maison seigneuriale moscovite du temps jadis, encombree de toute espece de parasites, de Ralmouckes, de prisonnieres turques, de naines et de bouffonnes: elle habita ensuite, Boulevard de la Passion, sur l’emplacement actuel de l’Ecole d’Agriculture, une maison contigue 'a celle de Mme Bloudoff, avec qui elle etait tres liee. Elle avait une fille Marie, mariee a G. Rjewsky, et deux fils, a l’aine desquels, Serge, elle reserva toute sa tendresse. La brillante carriere du cadet, Nicolas, mort commandant en chef de l’armee du Danube en 1811, a l’age de 35 ans, lui paraissait une injustice du sort a l’egard de son prefere, auquel elle persuada meme le commandant en chef de fournir aussi l’occasion de se distinguer: cette occasion lui fut donnee au siege de Rouchtchouk, mais le resultat fut lamentable. Faite au couronnement de Paul Ier, en meme temps que son mari etait eleve a la dignite de comte, a la fois dame d’honneur et dame de Ste-Catherine, la comtesse Ramensky etait en grande estime a la Cour. A la mort de son fils cadet, l’Empereur Alexandre Ier vint lui faire une visite de condoleances: „Sire“, lui dit-elle, „Vous gardez l’aine!“ L’Empereur, qui n’aimait pas le comte Serge Ramensky, se leva et partit sans prendre conge. Malgre sa douceur de caractere, elle savait faire valoir le sentiment de sa dignite personnelle, comme en temoigne l’incident de Rostroma, ou elle s’etait, en 1812, mise a l’abri de l’invasion: un jour de fete, a la messe, comme elle avait pris par megarde a la cathedrale la place de la femme du gouverneur, et que celle-ci venait la reclamer, elle ouvrit son chale, et, montrant le portrait de dame d’honneur fixe sur sa poitrine, repondit tranquillement: „Ne me derangez pas, et allez demander a votre mari comment il s’est permis de ne pas me rendre visite“. Mais au declin meme de ses jours, elle tomba en disgrace a la Cour: elle avait encouru le courroux de l’Empereur Nicolas a la suite d’une revolte de ses paysans, exasperes par la rigueur de son intendant. Au couronnement, en aout 1826, elle n’eut pas Ste-Catherine de lre classe, et on pretend qu’elle recut l’ordre de ne plus venir a la Cour. Elle en fut affectee a tel point qu’elle mourut d’une attaque d’apoplexie le 16 novembre 1826, a l’age de 77 ans; elle fut inhumee a Moscou, au monastere Novodevitchi. (D’apres une miniature de la collection du Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch.)