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218 Le comte GREGOIRE RYRILLOWITCH RAZOUMOWSKY, 1759 — 1857, cinquieme fils du comte Cyrille Grigoriewitch Razoumowsky et de Catherine Ivanowna, nee Narychkine, naquit le 10 novembre 1759. Eleve a l’etranger, il entreprit a Leyde l’etude de la mineralogie, et, a 20 ans, avait dej'a publie un certain nombre de travaux scientifiques qui attirerent sur lui l’attention des specialistes. Enrole tout enfant au service militaire, il passa par tous les grades jusqu’a celui de brigadier, tout en residant presque constamment a l’etranger. Marie en 1790 a la baronne Henriette Malsen, avec laquelle il ne resta que trois ans, il epousa en 1806 a Trieste, suivant le rite orthodoxe, la baronne Therese-Elisabeth Schenck von Kastell. Sa premiere femme lui intenta un proces qui l’obligea a passer quatre ans a Petersbourg, et le Synode se tira de la position delicate ou le mettait cette affaire de mariage du monde, en la passant au metropolite catholique Siestrencewicz, dont la decision n’etait pas difficile a prevoir: le second mariage fut declare nul. Le Synode infligea au comte pour bigamie une penitence de sept ans, et sa seconde femme mourut de chagrin a Petersbourg en 1818. Furieux de ces „persecutions affreuses et sans nombre“, il rompit completement avec son pays, embrassa le protestantisme et se fit naturaliser autrichien. Il mourut dans sa propriete de Rudolec, en Moravie, le 22 mai 1857. Il avait eu de la baronne Schenck deux fils, Maximilien. mort sans posterite, et Leon, qui laissa des descendants, et une fille, Elisabeth, mariee au comte de Moltke. Le comte Razoumowsky passait generalement pour specialiste eminent en matiere de mineralogie, geologie et geognosie; or c’etait „une rarete inouie“, dans ce siecle de dilettantisme, ou les grands seigneurs n’etaient pas sans daigner s’amuser de science, entre autres choses. Toutes scs pensees „tendaient a penetrer l’essence de la nature“. Lui-meme se reconnaissait „aussi peu fait pour les affaires que pour le monde“, et son pere disait de lui en plaisantant: „Notre philosophe Gregoire, precipite dans les abimes de l’erudition“. N’importe ou il se trouvat, il faisait la geologie de l’endroit; meme 'a Petersbourg, dans les circonstances les plus penibles, il composa un travail capital, Coup d’?il geognostique sur le Nord de l’Europe. Sa maison etait si encombree de collections de mineralogie, qu’on se demandait comment le plafond ne s’ecroule pas. Son nom est immortalise par la decouverte en Silesie d’un nouveau mineral, appele Razoumovskin. Mais avec toute son instruction et sa vaste erudition, il possedait a un degre tout particulier les traits de caractere speciaux communs a beaucoup des Razoumowsky, et qu’ils tenaient certainement de leur grand-pere, l’ecervele et enrage cosaque Rozoum. Maussade et entete, fantasque, intraitable et hargneux, le comte Razoumowsky avait „un caractere sombre et farouche, une ame malcontente, une humeur vague et singuliere“; tout ce qu’on faisait pour en venir a bout „ne servait qu’a le dechainer davantage, comme une charge de poudre“. Il etait en dispute continuelle avec tout le monde, gouverneurs, professeurs, parents... En 1790, peu apres son election a l’Academie Russe, il partit en guerre acharnee avec la princesse Dachkoff, qui etait, a la verite, tout aussi fantasque et hargneuse que lui. Debile, maladif, petit, laid, marque de petite verole, d’une extreme myopie, il etait timide, et en meme temps tres amoureux. Le vieil hetman son pere pretendait avec sa grossierete bon enfant, que le mariage de son fils „ne pouvait durer, que la femme fut ange ou demon“, et qu’il fallait etre „une malheureuse imbecile ou une canaille fieffee pour se mettre une pareille corde au cou“. Il semble d’ailleurs avoir ete sincerement attache a sa seconde femme, a la mort de laquelle il faisait un touchant appel „aux ames sensibles et honnetes“, en elevant a la malheureuse un mausolee „sans epitaphe et sans inscription“. „Droit et honnete“, disaient de ses intimes, „il avait beaucoup de bon, avait des defauts, mais n’avait point de vices“- Orphelin de mere tout enfant, il fut delaisse par un pere peu soucieux de connaitre ses enfants par lui-meme, et eleve par des etrangers, loin de sa famille et de son pays. (D’apres un original appartenant au comte Camille Razoumowsky, Tienne.)