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20 Le comte MICHEL PETROWITCH ROUMIANTZEFF, 1755—1811, fils aine du comte Pierre Alexandrowitch Roumiantzeff-Zadounai'sky et de la princesse Catherine Mikhai'lowna, nee Golitzyne, naquit en 1755 (ses etats de service lui donnent 20 ans en 1775). On sait que le pere ne vdcut que peu de temps avec sa femme, plus agee que Ini et affligee d'un physique assez ingrat. Les Iiis rcsterent avec elle; elle les aimait beaucoup et fit tout son possible pour leur donner une bonne education et une instruction serieuse: le choix des maitres lui causa beaucoup de tracas. Nicolas, le futur chancelier, aimait se plonger dans toute espece de recherches d'histoire et de philologie: Serge avait un faible pour la litterature: leur aine, Michel, au contraire, n'eut jamais ni facilite ni gout pour l'etude, et, malgre tous les efforts de sa mere pour „lui mettre de l'ambition en tete, il etait negligent et faisait beaucoup de fautes". Le pere preferait le plus jeune, Nicolas, et lui envoyait des cadeaux, au grand depit de la mere, dont la preference semblait etre pour Michel. Enrole sergent a la Garde des l'age de 6 ans, le 1er janvier 1759, Roumiantzeff passa porte-enseigne en 1765 et sous-lieutenant en 1769. Jusque-Га toujours avec sa mere, tantot a Gloukhovo, tantot a Moscou, il la quitta dans les premiers jours de mars 1769 pour rejoindre son regiment a Petersbourg: „II est commando pour Peterhof avec un detachement", ecrit-elle au pere en juin; „au camp, il ne fait que coucher; autrement, toujours chez le Grand-Duc, a diner et a souper". Mis peu apres en non-activite, il resta a Moscou jusqu'en decembre 1770, puis, le Ier janvier 1771, fut fait aide de camp ainsi que son frfere Nicolas. Affectё le 9 juillet suivant a un regiment de l'etat-major de son pere, a l'Armee, il lit la premiere guerre de Turquie. II avait un gout prononce pour la carriere des armes. Sa mere, qui lui connaissait cette „passion" dcpuis 1'enfance, ecrit en 1771 au pere: ,,Le grand en reve, il ne voit que l'armee; il va repetant qu'il ne veut pas de la Cour: a vrai dire, je ne le vois pas autrement que militaire". Le 28 juin 1775, il etait colonel et commandant du regiment Starooskolsky- „Dieu veuille seulement", ecrivait encore la comtesse en mars 1774, „qu'on linisse heureusement la guerre! Car si on faisait la pais, n'est-ce pas, tu enverrais Micha en porter la nouvelle: je ne desire rien tant que de le voir general major!" Le 25 juillet suivant, l'Imperatrice le faisait general, puis, a la celebration de la paix de Koutchouk-Kajinardji, le 12 juin 1775, lui confe'rait l'e'toile de St-Alexandre. General lieutenant le 28 juin 1782, il fit ensuite la seconde guerre de Turquie et les campagnes de Finland« et de Pologne. A l'avenement de Paul Ier, il aurait, s'il faut en croire la comtesse Golovine, cause par ses denonciations la chute de Souvoroff. C'etait, dit-elle encore, ,,un homme des plus homes, mais tres arrogant, et cancanier comme une vieille commfere". Conseiller prive actuel et sdnateur le 9 avril 1797, marechal de la noblesse du gouvernement de Petersbourg en 1798, il fut fait grand echanson le 50 aout 1807. Dans ses dernieres annees, le comte Roumiantzeff manifesta a maintes reprises des signes de demence. II eut meme un acces, rapporte la comtesse Fredro, a une soiree chez l'Imperatrice mere. Le 22 janvier 1806, l'Imperatrice Elisabeth ecrit a sa mere: „Vous me demandez des nouvelles de la saute du comte Romantzoff, qui est dans un tres mauvais etat; il a change d'une maniere etonnante depuis cet automne. Apres s'etre traind dans le monde pendant quelque temps, il est de nouveau enferme chez lui". Et Caulaincourt rapporte dans sa ddpeche du 3 mars 1811: ,,Le comte Michel de Romantzoff a de nouveau donne des symptomes de derangement d'esprit; il va quitter Petersbourg pour aller dans ses terres". II fut envoye en conge de convalescence le 22 fevrier, et le 8 mars ses biens etaient mis en tutelle. Enlin, le 17 juillet 1811, Lauriston rapporte a son gouvernement: ,,Le comte de Romantzoff a perdu son frere, le comte Michel, qui depuis quelque temps avait I'esprit aliene et qui est mort au Caucase", Ainsi done, le comte Michel Roumiantzeff mourut sans alliance au printemps de 1811. ? avait un genre de folie singulier; il s'habillait en femme, se pretendait menagere, et s'occupait de travaux feminins. (D'apres un original de Quadal, 1801, appartenant au Grand-Duc Nicolas Mikhaulowitch.)