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11 Le prince PIERRE ANDREEWITCH VIAZEMSKY, 1792 —1878, est encore tout jeune sur le pre'scnt portrait de Reichel (1817); aussi nous bornerons-nous ici a cette periode de sa vie, d'autant plus qn'il a ete deja donne dc lui une esquisse hiographique d'ensemble (Т. IV, № 55). Le prince Yiazemsky naquit "a Moscou le 12 juillet 1792. Son pere, grand seigneur de 1't'poque de Catherine, etait un homme „d'un grand esprit et d'une instruction forte pour son temps", toute a la francaise, bien entendu. II perdit sa mere de bonne heure, к dix ans a peine: son pere dirigea son education et le remit aux mains de tout un personnel de gouvcrncurs, francais, allemands et anglais, qui, insignifLants comme intelligence et comme instruction, ne surent rien faire de cet eleve „paresseux et dissipe". Le futur poete se trouva mieux de son passage a la pension des Jesuites dc Petersbourg, dont il garda le meilleur souvenir: c'est Га que s'eveilla sa vocation litteraire, due sans nul doute a l'inlluence des „fortes tetes", pour la plupart hommes de lettres, qui frequentaient chez son pere. Le salon paternel fut pour lui, de son propre aveu, une excellente ccole pratique, qui ne contribua guere moins a son ddveloppement intellectuel et litteraire que la pension des Jesuites et cclle de l'Institut Pedagogique, puis la maison du professeur lleuss, a Moscou. En 1806, a l'age de 14 ans, il vit chez son pere, en arrivant a Moscou, des hommes comme Dmitrielf, Basilc Pouchkine, Joukowsky, Karamzine; l'annee suivante, le vieux prince Yiazemsky mourait en conliant l'education du jeune homme aux soins de Karamzine, qui venait alors d'epouscr une de ses filles naturelles, et qui, trois mois aprfes ses funeraillcs (24 juillet), le fit entrer a la chancellerie du Cadastre de Moscou, puis au College des Affaires etrangeres, oil il ne trouva guere к faire. C'est de 1808 que datent les premiers essais poetiques qu'il ait publies. Jeune epicurien, assez dc'tache du service, mais ne le fuyant pas non plus, il aimait passer ses heures de loisirs, parfois meme „la coupe a la main", mais „avec profit", dans un petit cercle de jeunes poetes de talent qui ne laissaient pas de treve к sa verve: des epigrammes assez mordantes et autres fadaises sentimentales alternaient sous sa plume avec des oeuvres attestant un esprit rafline, du gout et des besoins litteraires serieux, et il devint bientot l'ame de l'Arzamas. Le talent, la naissance, la fortune et le litre de gentilhomme de la chambre lui ouvraient les premiers salons moscovites, et il ne tarda pas а у trouver un parti: „un bean jour", en aoiit 1811, il fit part a Karamzine de ses fiancailles avec la princesse Ve'ra Feodorowna Gagarine, et le mariage eut lieu le 18 octobre. Cependant la nuee de l'invasion noircissait l'horizon; au moment ou elle allait fondre sur Moscou, le jeune prince etait sur les rangs prdt a combattre pour la patrie. Enrole dans la milice moscovite en juillet 1812, le prince Viazemsky fut к Borodino sous les ordres de Miloradowitch. Pourtant des affaires de famille l'eloignerent du champ de bataille: la veille de l'entree des Francais a Moscou, il partit pour Yaroslavl avec sa femme, qui donna bientot le jour a un fils, Andre. Puis, au debut de 1813, ils allerent a Ostafieff, oil ils passerent plus d'un an, le prince seul faisant quelques apparitions a Moscou. L'inaction lui pesait: en proie a la melancolie, il se laissait aller к douter de son avenir et meme de son talent. D'aillcurs l'cnthousiasme patriotique ne l'abandonnait pas, et lui inspira, par exemple, toute une serie de poesies et l'initiatrve de la fete organisee a Moscou par la noblesse en l'honneur de l'Empereur le 19 mai 1814. II avait alors l'intention bien arretee d'aller solliciter du service a Petersbourg et у demanda a son ami Tourgueneff le moyen de „deposer enfin le baton de pelerin". II reussit bientot a se caser ,,a la correspondance etrangfcre" pres de Novossiltzoff, alors plenipotentiaire au Conseil du Royaume de Pologne. Des le commencement de 1818, il etait a Varsovie, Mais cet emploi, comme il le confia lui-meme dans la suite "a Joukowsky, n'ctait pas de son gout: en avril 1821, apres une serie de desagrements, її у renoncait et quittait Varsovie, excede de sentir soupconne d'exefes de liberalisme. (D'apres un original de Reichel, 1817, appartenant au prince P. Viazemsky, St-Pe'tersbourg.)