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VII La princesse PRASCOVIE YOURIEWNA GAGARINE, 1762—1848, fille du prince Youri Nikititch Troubetzkoi (1736—1811), conseiller prive actuel, et de sa seconde femme, la comtesse Waldstein, nee comtesse Daria Alexandrowna RoumiantzefE (-}- 1817), naquit en 1762. Mariee au prince Theodore Sergudewitch Gagarine, elle se trouvait avec lui, lors de la guerre de Turquie, a Yassy, au quartier general de Potemkine. lorsque, dans une socidte de dames, celui-ci declara qu'on peut impunement embrasser toutes les fcmmes, et. s'approchant de la princesse, I'embrassa: seance tenante. devant tout le monde, elle lui administra un soufllet. L'incident ?'eut de suites facheuses ni pour eile ni pour son mari. Elle l'accompagna peu apres л Yarsovie, oii il pe'rit en avril 1794 a l'assaut de Praga. Au temoignage de Wiegel, la jeune veuve tomba elle-meme aux mains des insurges et, dans sa captivite, donna le jour a sa dcrniere fille, LioubofF, huit mois apres la mort de son mari. Delivree par Souvorolf, elle alia se fixer avec ses jeunes enfants a Moscou. Elle demeura toujours inconsolable, portant montee en boucle d'oreille de la terre prise au tombeau du defunt, ce qui ne l'empechait pas, avec „sa vivacitd peu commune, pour ne pas dire inoui'e, et sa gaitd de caractere", de se livrer a tous les plaisirs mondains: eile acquit bientot la reputation d'une des premieres lionnes dc la Moscou d'avant l'incendie, faisant l'etonnement general par son originalite d'idees et ses excentricites. Sa beaute et son esprit lni valurent de nombreux adorateurs; l'un d'entre eux fut l'historien Karamzine, qui lui adressa des vers et l'accompagna dans ses promenades et ses deplacements. Tourgueneff en parle dans ses Mdmoires. Le monde ne fut pas sans jaser fort sur son compte, mais, dit Wiegel, „toujours prete a rire, surtout des histoires, eile ne songeait nullement a se facher de ce qu'on disait d'elle". Rappeions, parmi ses nombreuses equipees et excentricites, l'ascension qu'elle fit avant 1812 sur le premier aerostat lance en Russie, qui atterrit heureusement dans les environs de Moscou. Les ndcessites de l'education de ses enfants devenus grands et qu'elle aimait л la folie, jointes au complet delabrement de sa fortune, lui firent chercher un appui, ct, peu avant la guerre de 1812, eile epousa en secondes noces Pierre Alexandrowitch Kologrivoif (ne 1770), colonel retraite de Chevaliers-Gardes, pos-sesseur d'une grosse fortune et repute pour son intelligence des affaires. Refugiee a Penza avec sa famille lors de l'occupalion de Moscou, elle fit sensation en province par son amour du luxe, ses somptueuses toilettes et ses decolletes, mais toute sa frivolitd ne l'empecha pas d'interdire a ses filles de danser en 1812, et de trouver tout a fait inconvenants de pareils amusements quand toute la Russie dtait en dcuil. A Moscou, elle menait grand train dans leur maison de la Jivoderka, oil la Familie Imperiale venait a ses soirees, et oil elle maria successivement les six filles de son premier mariage. L'ete se passait dans les domaines des Kologrivoif, a Mechtcherskoie, gouvernement de Saratoff, et a Jarki, gouvernement dc Kalouga. Excellent coeur, Mme Kologrivoif faisait beaucoup de charite; avec l'age elle devint pieusc et devote, et, aux offices qu'elle faisait celdbrer dans la chapelle de sa maison du Boulevard des Gardes a cheval, a Petersbourg, surveillait de pres la tenue des autres assistants. C'est dans cette maison qu'elle mourut, en 1848; ses dernieres paroles furent: „Je passe". Elle fut inhumee au bourg de Jarki. De son premier mariage, Mme Kologrivoif eut deux fils, Basile et Theodore, et quatre filles, Vera, mariee au prince P. Yiazemsky, Nadejda, au prince B. Tchetvertinsky, Sophie, a Ladomirsky, et Liouboff, a B. Polouekhtoff. Elle n'eut pas d'enfants du second mariage, lors duquel elle touchait a la cinquantaine. Elle n'y trouva du reste ni le bonheur ni une vieillesse tranquille r peu cultivd, et meme assez grossicr (v. Vieux Temps et Nouveaux Temps, fasc. VI, et Recueil des Chevaliers-Gardes, Т. II), Kolo-grivolT mourut de plus fou et en tuteile. de sorte que les Gagarine n'eurent rien de sa grosse fortune; ce qui en restait a sa mort passa en d'autres mains. (D'aprfes un original de Grassi, appartenant au prince P. Yiazemsky, St-Pdtersbourg.)