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11 La comtesse SOPHIE FEODOROWNA de SEGUR, 1799—1874, fiUe du comte Theodore Vassiliewitch RostopLchine (1765—1826) et de Catherine Petrowna, nee Protassoff (-J- 1859), et femme du comte Eugene de Se'gur (ne 1798), naquit le 19 juillet 1799. Elle eut pour parrain l'Empereur Paul Ier. et recut dans sa famille une excellente education. De sept a douze ans, eile resta a la campagne (a Voronovo), dont le sejour fut excellent pour sa sante: meme aux jours d'alarme de l'automne 1812, la lillette, malgre ses treize ans, ne manifesta aucune nervosite, et continua tranquillement de manger son gateau quand son pere lui fit part du danger qui menacait Moscou. Toute petite lille, Sofaletta, comme on l'appelait dans la maison, etait amusante au possible et jouait le role d'un petit bouffon; alors deja elle aimait к inventer des petites histoires. Elle ressemblait a son pere au physique et au moral. Souple et elancee, son visage, malgre l'irre'gularite des traits, respirait l'affabilite' et la bonte. Franche et moqueuse, eile etait incapable de dissimuler ses sentiments, et avait herite de l'esprit de son pere. Mais ce fut surtout sa mere, qui l'entraina dans le catholicisme, qui presida a son developpement moral. Apres les guerres de Napoleon, les Rostoptchine se fixferent к Paris, oii la jeune comtesse mena une joyeuse vie mondaine. Mme Svetchine lui fit faire la connaissance du comte de Segur, qu'elle epousa le 14 juillet 1819. Elle eut une vie de famille des plus douces et des plus calmes. Sa residence ? refer ее etait le chateau des Nouettes, en Normandie, que son pere lui avait achete pour cent mille francs. Elle etait excellente pour les paysans des environs, qui l'aimaient beaucoup et. l'appelaient la bonne Sophie. Elle eut huit enfants, quatre fils et quatre filles, auxquels elle se consacra tout entiere, se melant к leurs jeux et a leurs amusements et conservant tout son entrain en depit de l'age. C'est к ses enfants qu'elle dut d'etre ecrivain. Clouee treize ans sur son lit par une douloureuse maladie, elle n'en conserva pas moins toute sa gaiete d'humeur, ne se plaignant pas et ne songeant qu'k eux. Hors d'etat de continuer a jouer avec eux, elle les reunissait constamment autour d'elle pour leur raconter des histoires. Devenus grands, ils eurent a leur tour leurs families, et ce furent alors les petits-enfants qui vinrent tous les ans voir la grand'mere et e'couter ses re'cits. Ce n'est qu'en 1856 que, sur le conseil d'Eugene Sue, la comtesse commenca a publier ses eeuvres, qui temoignent d'un vrai merite litteraire et d'un grand talent d'observation, et qui, ecrites dans un excellent francais vif et clair, obtinrent un succes considerable, eurent de nombreuses editions et furent traduites en plusieurs langues. Elles firent les delices, tant en russe qu'en francais, de quelques generations d'enfants russes, et n'ont encore rien perdu de leur vogue. Des ouvrages de la comtesse de Segur, un seul, d'ailleurs interdit en Russie, a trait a la vie russe, Le General Dourakine. La famille de Segur a donne a la France plusieurs hommes d'etat et ecrivains celebres. En particulier, quelques-uns des descendants de la comtesse heriterent de son talent litteraire; ses filles, la vicomtesse de Pitray et Mme Fresneau, et sa petite-fille la marquise de Moussac, sont auteurs d'ouvrages pour les enfants. Nommons aussi ses fils, Louis-Gaston (1820—1881), archeveque et e'erivain spirituel, et Anatole-IIenri-Philippe (1822 —1902), poete, et son petit-fils le marquis de Segur (ne 1855), historien et membre de l'Academie Francaise. La comtesse de Segur mourut. en 1874. Un monument lui a ete eleve к "Paris, au Jardin du Luxembourg, en 1908. (D'apres un original de Tonci, ayant appartenu en 1902 au prince P. Golitzyne, Moscou.)