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11 ANNE IYANOWNA PLECHTCHEEFF, 177. —1817, la plus jeune des deux filles du comte Ivan Grigoriewitch Tchernycheff, fcld-marechal de la Hotte, et de sa seconde femme, Anne Alexandrowna, nee Isleneff. ? la mort de sa mere, elle conduisit. en Italie son pere malade, dont elle fut avec son frerc l'unique soutien durant sa derniere maladie. La situation etait penible, et sa sceur Mme Yadkowsky eut fort a cceur de la faire revenir a Petersbourg, tout douloureux qu'il pouvait etre d'enlever au mourant „sa supreme consolation, sa fille cadette, qu'il aimait beaueoup". ? la mort de son pere, la jeune comtesse TchernycheJT, demoiselle d'honneur de Catherine II depuis 1791, parut a la Cour de Petersbourg, et Га, la facheuse mesaventure dont parle Wiegel parvint a la connaissance de l'Empereur. qui s'empressa de lui faire trouver un mari. Ce fut un jeune officier de la Garde, Alexandre Alexeewitch Plechtcheeff, „habitue de la maison de ses parents, sur lequel", dit Wiegel, „le choix se porta, et qui se trouva Га fort a propos. Les nouveaux maries partirent pour le gouvernement d'Orel; Mme Plechtcheeff ne devait jamais revenir a Petersbourg". „Dans cctte retraite, elle emporla avec elle une partie des distractions dont elle avait pris l'habitude dans le grand monde: ce n'etaient que surprises, spectacles, fetes champetres, bals masques. II n'y avait que les liens du mariage, dit-on, qui n'amusaient pas toujours l'amuseur, et furent pour lui des chaines aussi lourdes que dorees". La bonne entente n'en souffrait pas, et la perte de la jeune femme fut pour le mari une amere douleur. ,,H l'amena a Orel pour la soigner. Je n'avais pas encore eu le temps de l'y decouvrir", dit l'auteur du Sanctuaire de mon cceur, „que j'apercois tout a coup en passant un catafalque et sa femme exposee: eile venait de mourir. Je m'empressai d'aller lui dire la part chaleureuse que je prenais a son malheur; il n'y fut pas insensible, et nous versames ensemble des larmes amferes, moi sur le passe, lui sur le present". Mme Plechtcheeff mourut le 20 juin 1817, et le meme prince I. Dolgorouky dit dans son Journal de voyage a Kieff: „Cette Mme Plechtcheeff, nee pour etre heureuse, choyee de son pere et sa mere, fille d'un homme celebre en Russie, rejeton des Tchernycheff, avec tous ses voyages en Italie et en Allemagne, tout son bagage scientifique et artistique, tout son esprit et ses dons naturels, voilk ce qu'on appelle dans la vie un enfant gate de l'aveugle fortune! Et cette heureuse personne, enfouie au fond de sa campagne pies de dix-sept ans, presque tout le temps de son mariage avec l'assesseur Plechtcheeff, torturee de jalousie pour un mari plus jeune qu'elle et pas beau, quoique intelligent et instruit, oil est-elle venue s'echouer? A Orel, languir dans l'hydropisie et. finir de consomption!"... Par son mari niece de Joukowsky et cousine germaine des soeurs Protassoff, Mme Plechtcheeff, Nina, etait intime et fort aim ее dans cette famille. Elle fut dans le secret de l'amour de Joukowsky pour sa niece Marie Protassoff (plus tard Mme Mover), preta en depit de Mme Protassoff son entremise a leur correspondence et favorisa sincferement le pur et profond sentiment du poete pour l'objet de son premier et dernier amour. Nina etait egalement cherie de Macha et de Joukowsky. Arrivee к Tchern cinq jours apres sa mort, Mme Moyer ecrit к Joukowsky: „Mon ami, j'ai lu, et j'en rends graces к Dieu et к toi, ta lettre a notre eher et incomparable Plechtcheeff. Ton am і tie nous a e'te d'un grand soulagement, et Plechtcheeff en est bien digne. II me semble que je l'aime maintenant bien da vantage. Notre ange Nina n'est pas morte pour lui; ses procedes et son amour pour elle, qui n'a fait qu'augmenter, si l'on peut dire, font sa consolation. Sa douleur est profonde et vraie. II habite a Tchern, sur son tombeau; eile est inhumee pres de ses enfants. Pauvres enfants! Yarvara sera tout comme son ange de mere: elle est si gentille, si interessante!" Nature poetique, Mme Plechtcheeff etait bien le type de la femme du temps, „sensible", sentimentale, entendue к la vie pratique au point de dispenser son mari de „penser au lendemain", sachant la musique, le chant, le dessin. Joukowsky, en composant sa chanson „Charme des jours passes", ecrivait en novembre 1818 a Mme E. Elaguine: „Je l'e'cris pour Mme Yadkowsky, dont le visage et le chant rappellent tant sa sceur! Et naturellement l'un et l'autre nous reportent к tout un passe!" (D'apres un original d'Angelique Kaufmann, appartenant a A. Plechtche'eff, Moscou.)