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11 Le comte ALEXIS ANDREEWITCII ARAKTCIIEEFF, 1769—1834, шіціііі, le 23 septembrc 1769, fit ses etudes au Corps des Cadets de I'Arlillcrie et fut promu officier en 1787. Le comte N. Saltykoff le fit nommer maitre de geometric au Corps, mais il traila les cadets avec une telle brutalite qu'on se hAta de 1'envoyer au regiment, a l'artillerie de Gatchina. Son assiduite, sa ponclualite, son infatigable aclivile et sa seve'rile dans le service lui acquirent la coniiance du Grand-Duc Paul Petrowitch. A son avcnement au trone, en 1796, Araktchceff, alors age de 26 ans, fut fail general major, commandant de Petersbourg, et dccore de Ste-Anne de 1ге classe; l'annee suivante, il recut le til re de baron (5 avril), l'ordre do St-Alexandre el le bourg de Grouzino avec 2000 teles de paysans. En 1798, apres une courte defaveur, il fut nomine, ctant general lieutenant, iuspecleur general de l'artillerie, et eleve le 5 mai 1799 a la dignite de comte. Des desordres surveuus en 1799 a 1'arsenaJ de Petersbourg provoquerent le courroux de l'Empereur: Araktcheeff fut deslitue et resta dans la vie privee jusqn'en 1805, oil Alexandre Ier le rappela a l'inspection de l'artillerie. Minislre de la guerre depuis 1808, et inspecteur general de l'infanterie et de l'artillerie, il fit preuve d'un incontestable talent d'organisateur dans la reforme de l'artillerie russe. Apres la Guerre Patriotique, pendant laquelle il avait ete le collaborateur de l'Empereur pour la formation des reserves, le completement et le ravitaillement de l'armee, il fut exclusivement charge, comme president du departement militaire du Conseil de 1'Empire (depuis 1810), de la realisation de toutes les reformes militaires. Dans cette partie purcment technique du metier, il dcploya une habilete consommee, faisant regner partout un ordre et une discipline sever es: mais Га semblaient se borner les qualites effectives de cet homme, qui joua un role si considerable au cours de deux regnes consecutifs et exerca sur les affaires une influence si deplorable dans les dernibres annees d'Alexandre Ier. Cette epoque, si etroitcment liee au nom d'Araktcheeff, et qui passa a la posterilc sous le nom d'Araktcheevchtchina, fut precisement celle des colonies militaires, dans l'administration desquelles se donna si bien carriere son naturel despotique et cruel. La premiere idee de leur organisation, comme il est aujourd'hui demontrc, appartenait exclusivement a l'Empereur lui-memc et trouva meme a sa naissance un adversaire dans la personne d'Araktcheeff: cependant, une fois a la tele de l'affaire, il у intro-duisit son regime de rigueur vetillcuse et d'intraitable severite degenerant "a l'occasion en cruaute. Dans ces dix dernieres annees du regne, son influence s'etendit 'a toutes les branches de l'administration Interieure, et il devint de fait premier ministre. La mort de l'Empereur Alexandre mit un terme a la carriere d'Araktcheeff; une des premieres mesures que prit l'Empereur Nicolas pour apaiser les esprits fut de l'eloigner des affaires et de la Cour: il se retira dans son Grouzino, oil il resta presque a demeure jusqu'k sa mort, le 21 avril 1854; il у fut inhume, dans la cathedrale de St-Andre. II avait e'pouse Natalie Vassiliewna Khomoutoff (1785—1842), dont il ne tarda pas к se separer et dont il n'eut pas d'enfanls. II resta de longues annees avec Nastasie Minkine (ou Choumsky), qui fut tue'e par ses gens. II laissa sa fortune considerable a l'Empereur, qui la fit remettre au Corps des Cadets Araktche'eff de Novgorod (plus tard de Nijni-Novgorod). Araktcheeff „avait l'air d'un grand singe en uniforme, de haute taille, maigre et. ncrveux. Aucune harmonic dans toute sa personne: il etait tout voute, avec un cou long et mince, et de plus froncait affreu-sement le menton. II avait de grandes oreilles charnues, une grosse tele informe toujours penchee sur le cote, le teint sale, les joucs creuses, le nez large et anguleux, les nariues gonllces, une bouche enorme, un front proeminent. Enfin des yeux gris tout renfonces contribuaient a donner a son visage une expression effrayante a la fois d'esprit et de mechancete". C'est bien ce que rend avec un rare bonheur le portrait de Dawe; le tout-puissant favori se detache nettement sur le fond des casernes de ses colonies militaires, a Grouzino. (D'apres un original de Dawe, appartenant au Grand-Duc Nicolas Mikha'ilowitch. )