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2 L'Imperatrice ELISABETH ALEXEEWNA, 1779 —1826. princesse de Bade, naquit a Karlsruhe le 15 janvier 1779, et epousa dans sa 15° annee, le 25 septembre 1793, le Grand-Duc Alexandre Pavlowitch. C'elait une de ces natures ideales qui n'arrivent guere a etre completement heureuses dans la vie. Malheureuse en menage, delaissee de bonne heure par son mari devenu tout a fait indifferent a son egard, eile ne put comblcr le vide de son ame en s'occupant de bienfaisance et d'autres ceuvres sociales: dans ce domaine, elle etait eclipsce par l'immense activite de l'Imperatrice Marie Feodorowna, Privee egalement de son role de mere par la mort en bas age de ses deux lilies, se scntant assez frequemment dans une situation fausse a la Cour, eile se mit a. recherchcr l'isolement, devint reveuse, renfermee, evitant de voir personne, lisant beaucoup et entretenant une grosse correspondance. Elle etait tres belle dans sa jeunesse; Vigee-Lebrun. qui la vit pour la premiere fois a Tzarsko'id-Selo, par une fenetre du Palais, au milieu des ueurs, s'exprime ainsi: ,,Elle avail 16 ans au plus; ses traits etaient Uns et reguliere, et son ovale parfait; son beau teint n'etait pas anime, mais il etait d'une paleur tout a fait en harmonie avec l'expression de son visage, dont la douceur etait angelique; ses cheveux blond cendre flottaient sur son cou, sur son front. Elle etait vetue d'une tunique blanche, attachee par une ceinture nouee negligemment autour d'une taille fine et souple comme celle d'une nymphe.... Je m'ecriai: C'est Psyche!" Plus tard, eile l'appelle un „ange de beaute". La comtesse Golovine, qui idolatrait la princesse, dit dans ses Memoires: „La Princesse Louise unissait au charme inexprimable et a la grace de toute sa personne une retenue, une modeslie etonnante pour une jeune fille de 14 ans. Son esprit delicat saisissait avec une rapidite remarquable tout ce qui pouvait lui servir d'ornement, comme l'abeille recueille le miel sur les planles les plus veneneuses"..... Au temoignage de la comtesse Choiseul- Gouffier, ,,a 4л ans, l'Imperatrice Elisabeth etait de taille moyenne, bien faite, et conservait encore, sur 1c Yisage et dans sa tournure, des traces de son ancienne beaute; sa voix douce, penetrant au fond de Гате, son sourire melancolique, son regard plein d'esprit et quelque chose d'angelique dans toute sa personne, attestaient qu'elle n'etait pas de ce monde", et Mme Yoss, en 1808, lui trouvait ,,je ne sais quoi d'etrange", mais elle avait deja alors la peau et le teint ,,abimes par quelque mixture". La presente Edition renferme deja deux images d'Elisabeth Alexeewna, la miniature de Pinchon de 1801 (Т. II, № 157) et le portrait de Monnier de 1806 (Т. I, № 2): l'Imperatrice attendait alors la naissance de sa fille Elisabeth (nee le 5 novembre 1806). En outre, elle fut peinte en 1794 par Ritt, et en 1797 deux fois par Yigee-Lebrun: l'une, dans une piece garnie de glaces refletant la Neva couverte de vaisseaux, l'autre pour sa mere la princesse de Bade, ,,avec un chale violet, transparent, appuyee sur un coussin". En 1803, Monnier fit d'elle un portrait, grave a Londres en 1805, devant une glace, en tunique a la grecque et avec des fleurs. On connait ensuite des portraits de Kugelchen, de Borovibowsty, puis, vers 1810, de Saint-Aubin, et, en 1814, de Reichel, dont il existe des gravures avec l'aigle au bas. L'Imperatrice fut encore peinte en 1817 par Benner et Rockstuhl; enfin, en 1825, G- Dawe en fait un tres mauvais portrait, dans le jardin de Tzarskoie-Selo, le visage amaigri et maladif. II у eut aussi plus tard d'autres portraits en deuil, l'air epuise, l'un de Right, l'autre en pied, assise, de Bassine (collection Stroganoff). Des gravures de ce Right portent des inscriptions ou se traduisent les idees de la societe du temps sur l'Imperatrice: ,,J'espere bien tot lui etre rdunie; Elisabeth la Vertueuse, douce Souveraine, est a jamais disparue pour nous". Apr es' le rapprochement des epoux sur leurs dernieres annees, la mort inattendue d'Alexandre Ier a Taganrog bouleversa violemment l'organisme delicat de l'Imperatrice, et elle mourut en voyage, a Beleff, le 4 mai 1826. De тёте que l'imagination populaire entoura de mystere la fin du Monarque, dont elle unit тёте la personnalite a celle de l'ermite Theodore Kouzmitch honore en Siberic presque a l'egal d'un saint, de тёте la sensibilite populaire ceignit egalement d'une aure'ole celle de l'epouse du Bien-Aime, qui se serait, elle aussi, volontairement retiree du monde, pour mourir dans un coin perdu de la vallee de Novgorod sous les traits de Ye'ra la Silencieuse. (D'aprbs un pastel d'Orth, appartenant au Grand-Duc Serge Alexandrowitch.)