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45 ALEXANDRE PETROWITCH DOUBOYITZKY, 1782—1848, fils de Pierre Nikolaewitch Doubovitzky et de Nadejda Ivanowna, nee Mcdvedsky, naquit le 6 janvier 1782. Officier au regiment Preobragensky, il fut retraite lieutenant-colonel. Il epousa en 1808 Marie Ivanowna Ozeroff, dont il eut un fils, Pierre, connu comme chirurgien et inspecteur general du service de sante militaire, et deux filles, Nadejda et Sophie. Tout jeune encore, il aimait a lire les Ecritures et a s'isoler pour „mediter sur son perfectionnement moral". La perte de sa femme, en 1821, compromit definitivement l'equilibre de ses facultes. Il se lia avec des adeptes de sectes du genre des quakers et flagellants dont foisonnait alors Petersbourg, et, en 1825, se fit „missionnaire mondial", et fonda la secte des Adorateurs intimes du Seigneur, par opposition aux membres de l'Eglise visible, qui n'adorent Dieu qu'en paroles. Sa propagande eut du succes dans le district des haras militaires de Skopine, gouvernement de Riazan, aux bourgs de Lipiagui et Gorlovo. Un cure du pays fit une denonciation; l'affaire parvint jusqu'au metropolite Seraphin, au Comite des Ministres et a l'Empereur meme. Araktcheeff, alors occupe a „tailler des croupieres" au prince A. Golitzyne, fut enchante de saisir cette occasion de faire du tort au ministre, qui vit en 1824 son protege Doubovitzky cloitre au monastere St-Cyrille, a Belozersk. Araktcheeff tombe, Doubovitzky fut mis en liberte le 7 aout 1826, et se fixa en 1828 a Moscou, ou il continua a rassembler autour de lui des Adorateurs intimes. Il se trouva des ecclesiastiques de plus de bonte d'amc que de bon sens, comme le metropolite Seraphin, pour le declarer „un vrai chretien". Semblable legerete en matiere de foi n'etait pas le fait du metropolite de Moscou Phila-rete, qui n'estima pas pouvoir „relacher la surveillance" "a exercer sur ce fanatique, et crut devoir s'interposer lorsqu'il eut pris dans ses filets un savant moine de Moscou, l'archimandrite Platon Kazantzeff, inspecteur de l'Academie Ecclesiastique. Cloitre en 1855 au monastere Sarowsky, Doubovitzky fut transfere en 1859 au monastere Sedmiyezerny, pres de Kazan, ou son fils etait professeur, en 1840, au monastere Kizitchsky a Kazan meme, puis, quand son fils fut nomme a Petersbourg, au monastere Perekomsky de Novgorod. Relache en 1842, sous la caution de ce fils, il mourut en 1848 a Soukhodol, district d'Eletz, et fut inhume au monastere Donskoi, a Moscou. Infatue do „ce don qui lui avait ete devolu par Dieu", il se considerait comme „missionnaire charge par Dieu" d'enseigner sinon tout l'univers, du moins toute la Russie. A.u fond, c'etait un simple „fanatique et exalte" comme en vit tant l'epoque de reaction qui vint apres la Revolution, un desequilibre „devoye a force d'avoir lu la Bible sans y rien comprendre". Sa secte ne differait en rien de celles de quakers et de flagellants si nombreuses alors: memes declamations sur la charite, la fraternite, la recherche de Dieu, meme „soif" de decouvrir l'Esprit de Dieu, memes formes d'ascetisme et de puritanisme poussees jusqu'a se charger de chaines, jusqu'a la flagellation et aux contorsions extatiques, memes chants composes pour la circonstance, mal tournes comme forme, indigents comme fond. Doubovitzky bravait meme le ridicule, quand il faisait, par exemple, cet absurde voyage par eau de Petersbourg a Moscou avec tout son effectif d'Adorateurs intimes psalmodiant ces malheureuses „melopees". Un fanatisme stupide lui faisait battre, extenuer de privations et de travail les enfants confies a ses soins quand ils n'avaient pas ,,l'Esprit du Christ" necessaire. La malveillance lui fit le renom d'„un bigot qui semait la debauche, deshonorait les filles honnetes" et encourageait la castration des femmes. Comme d'autres apotres de ce christianisme spirituel, il attirait le peuple par des cadeaux et des festins decores du nom pompeux d'„agapes d'amour". Tout en se pretendant „un monsieur pour le monde, un homme comme les autres en esprit", tout en distribuant des accolades d'amour, c'etait au fond un partisan acharne du servage, un aristocrate meprisant la plebe. Les gens de son monde introduisaient les serfs dans leurs manoirs pour en former des orchestres et des troupes de ballet; lui arrachait les petits paysans a leurs familles pour en peupler son „ecole d'honnetete et de morale": c'etait l'autorite seigneuriale trainant de force au Royaume des Cieux ces ames paysannes. (D'apres un original de Borovikowsky, appartenant a O. Merkhelewitch, Stenkino, gouv. de Riazan.)