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40 IVAN STEPANOWITCH RIBEAUPIERRE, 17SO —1790, de la branche cadette de la famille notable d'Alsace des Ribeaupierre (Rappolstein), apparentee aux Wittelsbach de Baviere, etait Ills de Marc-Stephane de Ribeaupierre, l'ami de Voltaire. Il grandit au chateau de La Liguiere, sur les bords du lac de Geneve, et lit ses etudes a l'universite de Tubingen. A l'exemple de beaucoup de Suisses qui cherchaient fortune a. l'etranger, et de ses deux freres aines, entres au service de l'Espagne, il se fit donner d'abord un brevet de lieutenant de l'armee hollandaise, puis, a la fin des annees 70, se rendit en Russie, et, grace aux relations qu'il avait nouees a Tubingen avec le prince N. Youssoupoff et S. Apraxine. et surtout a une lettre de recommandation de Voltaire, fut nomme aide de camp de Potemkine. И affermit sa situation a la Cour par son mariage avec la demoiselle d'honneur Agrippine Alexandrowna Bibikoff, favorisee de la protection speciale de Catherine II, et surtout par son amitie avec le favori Dmitrieff-Mamonoff, qui, de son propre aveu, ,,ne pouvait guere vivre sans Bibeaupierre". Promu brigadier grace a son intermediaire, il alla, lors de la disgrace du favori, a. l'armee de Turquie, et perit a l'assaut d'Ismail le 11 decembre 1790. De son mariage avec Agrippine Bibilcoff, Ribeaupierre eut un fils Alexandre, qui recut dans la suite le titre de comte, et trois filles, Anastasie, Elisabeth, qui epousa Alexandre Alexandrowitch Poliansky, fils de la comtesse Elisabeth Worontzoff, favorite de Pierre III, et Catherine, qui epousa A. Zybine. Intelligent et bel homme aux manieres elegantes, Bibeaupierre produisait sur quiconque l'approchait une impression fascinatrice. Au temoignage des contemporains, „il etait cheri de toute sa famille et generalement do ses compatriotes". Ruse et adroit, d'une reserve qui l'avait fait surnommer le dieu du silence, il savait plaire a des gens de toute espece d'opinions et de positions. Ami de La Harpe, il le recommanda, dit-on, comme precepteur du Grand-Duc Alexandre Pavlowitch. En relations etroites avec les liberaux et „philosophes" de l'etranger, il fit une cour assidue a Mamonoffi, „restant souvent chez Son Excellence jusqu'a trois heures du matin", et eut l'honneur d'etre admis par Catherine II a ses reunions intimes de l'Ermitage. Quelques-uns d'ailleurs, comme Bezborodko, regardaient ce brillant aventurier comme un intrigant sans principes et nuisiblcr On lui reprochait, entre autres choses, d'avoir trompe Catherine en arrangeant le mariage de Mamonoff avec sa parente par alliance, la princesse Daria FeodorOTvna Chtcherbatoff. Ribeaupierre, qui prouva sa bravoure par sa mort „tragique et glorieuse", n'etait pas homme a risquer sa carriere a la Cour, et c'est „pale comme un linge" qu'il vint se justifier devant l'Imperatrice vieillissante, blessee de la trahison de Mamonoff. „J'ai fait venir", ecrivait Catherine a Potemkine apres la rupture avec le favori en juin 1789, „Ribeaupierre, qui a ete confident un an. Je l'ai trouve muet et tremblant: je lui ai dit qu'ils avaient eu tort de cacher tout cela, de me tromper toute une annee, et, qui pis est, de ne rien vous dire". (D'apres un original de Levitzky, 1789, appartenant au comte G- Ribeaupierre, St-Petersbourg.)