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35 ALEXANDRE FEODOROWITCH LABZINE, 1766 —1825, naquit a Moscou, le 28 avril 1766, et fit ses etudes a l'universite de Moscou. Encore etudiant, il collabora au Crepuscule de Novikoff, qui remarqua son talent, ainsi que le professeur franc-macon Schwartz; il fut admis dans la societe des Martinistes. En 1784, il fut nomme traducteur aux bureaux du gouvernement de Moscou, puis, en 1787, a la Conference de l'universite. Ce fut a cette epoque qu'il publia des traductions du Mariage de Figaro de Beaumarchais et du Juge de Mercier et composa une Ode pour celebrer l'arrivee de Catherine II a Moscou. Apres la debacle de la Societe d'Imprimerie de Novikoff, en 1789, il se rendit a Petersbourg, ou il entra a la Chancellerie secrete de la poste; en avril 1799, il passa au College des Affaires etrangeres, et en septembre fut nomme secretaire de la Conference de l'Academie des Beaux-Arts. L'Empereur Paul le chargea d'ecrire une Histoire de l'Ordre de Saint-J ean-de- Jerusalem, qui parut en 1799 —1801, et il recut le titre d'historiographe de l'Ordre. En octobre 1824, ayant deja rang de conseiller d'etat actuel, il fut fait, directeur du departement des affaires militaires et navales et, en 1805, nomme membre du departement de l'Amiraute. Il etait reste secretaire de l'Academie, avait publie de nombreux ouvrages de mysticisme et cree, en 1800, la loge Le Sphinx Mourant. Pour combattre les tendances „corruptrices et perversives" de certains livres, il eut l'idee de fonder une revue intitulee Le Messager de Sion, qui fut suspendue par l'Empereur des les premiers numeros sur la proposition du prince A. Golitzyne. Dix ans apres cependant, celui-ci lui fit obtenir St-Yladimir de 2e classe „pour l'initiative, le zele et le soin infatigable avec lesquels il avait publie nombre de livres destines a donner une direction spirituelle et morale conforme aux principes de la religion, les seuls fermes et vrais", et une subvention du Cabinet de S. M. pour reprendre sa revue, L'Empereur lui-meme fut des souscripteurs, mais, cette fois encore, la publication ne devait pas tarder a etre interrompue (juillet 1818) par suite des menees et des representations d'ennemis de Labzine, le metropolite Philarete, l'archimandrite Photius, et autres, qui voulaient soumettre le journal a la censure ecclesiastique, Ce nouvel insucces le fit. tomber gravement malade. En 1822. a l'Academie des Beaux-Arts, dont il etait vice-president depuis le 12 janvier 1818, Olenine ayant presente pour etre nomme membre honoraire le comte Kotchoubey, comme „familier de l'Empereur", il deposa a son tour, en derision, une proposition en faveur du cocher de l'Empereur, Elie Baikoff: la plaisanterie le Ht exiler de Petersbourg. Il se retira a Senguiley, et. au bout de six mois, recut l'autorisation d'habiter Simbirsk. ? y mourut, le 26 janvier 1825, et fut inhume au monastere de l'Intercession. Labzine est une figure curieuse et bien personnelle du temps d'Alexandre, de cette epoque dont les dispositions changeantes eurent un contre-coup si vif et si accuse sur sa destinee, Son instruction etendue et variee, sa grande intelligence, sa force morale peu commune, son energie surprenante, il mit tout au service de la propagande de ses idees mystiques. Yrai orthodoxe, sincerement devoue aux idees chretiennes, il travaillait a la recherche des verites eternelles et a la fondation de cette eglise interieure mystique, dans laquelle il voyait le gage du bonheur de l'homme ici-bas et le symbole de celle du Royaume des Cieux. Naturellement doue de toutes les qualites indispensables pour diriger les autres, Labzine. avec son caractere dominateur, hypnotisait quiconque l'approchait. Sous des dehors fiers et hautains, il etait bon et accueillant pour les malheureux et les opprimes, mais avec les gens haut places, il se montrait sec et d'une rigueur exageree qui n'etait pas en realite dans son caractere; il aimait au contraire a plaisanter, avait de l'esprit et une conversation agreable. Sa lutte incessante avec des fanatiques comme lui, mais de parti oppose, l'avait aigri; les cotes desagreables de son caractere se donnaient carriere plus librement et plus frequemment et furent cause de sa ruine. H avait epouse, en 17 84, Anna Yakovleff, Y" Karamycheff (1758 —182 8), qui laissa des Memoires (publies en 1903) et fut inhumee au cimetiere Yagankowsky, a Moscou. Ils n'eurent pas d'enfants a eux et eleverent deux orphelines, une niece, Mlle Mikouline, qui epousa Barteneff, et S. Moudroff. qui epousa Laikewitch et laissa aussi des Memoires parus en 1905 et precieux pour la biographie de ses parents d'adoption. (D'apres un original de Borovikowsky, Musee Roumiantzeff, Moscou.)