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35 Le comte ALEXANDRE MATYEEWITCH DMITRIEFF-MAMONOFF, 1758 — 1805, fils du senateur Mathieu Vassiliewitch Dmitrielf-Mamonolf ^1724— 1810; et d'Anna Ivanowna, nee Boborykine (1725 —1792), naquit le 19 septembre 1758. Eleve chez ses parents, il entra au service dans la Garde; en 1786, il etait deja lieutenant et aide de camp de Potemkine. A ce moment, ErmololT, le favori de Catherine, dut quitter la Cour, et Potemkine presenta son jeune aide de camp, dont il etait entierement sur. „Le dessin n'est pas mal, mais le coloris ne vaut rien", dit de lui l'Imperatrice, qui le prit pourtant, le 19 aout 1786, comme aide de camp attache a sa personne. Au temoignage des contemporains, Mamonolf etait intelligent, avait du gout pour la litterature et les arts, et comblait par une lecture incessante les lacunes de son instruction. L'Imperatrice fit bien son possible pour le mettre aux affaires de l'Etat, mais elle avait plutot recours a ses conseils pour les comedies de son Ermitage et lui fit composer pour ce theatre plusieurs pieces, qui furent publiees dans un recueil intitule „Theatre de l'Hermitage". Au moral, le caractere de Mamonoff, pour fier et interesse qu'il fut, etait tout 'a son avantage: tres devoue a l'Imperatrice, il ne fit pas mauvais usage de son influence sur elle. Elle avait une haute opinion de ses capacites. En 1787. il l'accompagna en Crimee, et fut a cette occasion fait premier major du regiment Preobragensky, chambellan actuel, cornette au Corps des Chevaliers-Gardes, puis l'annee suivante general aide de camp. „C'est un ami fidele, j'ai fait plus d'une fois l'epreuve de sa modestie", dit alors Catherine a Khrapovitzky. Peu apres, il recut de Joseph II, le 25 mai 1788, le titre de comte, et de l'Imperatrice, le 8 septembre de la meme annee, l'ordre de St-Alexandre Newsky. Les gratifications qui lui furent accordees en argent et en terres furent egalement sans precedent; d'autant plus que Catherine savait son amour de l'argent et son avarice, et s'efforcait de le tenir par Га. Dans la lieutenance seule de Nijny-Novgorod, il ne possedait pas moins de 27.000 tetes de paysans; sa charge de general aide de camp lui rapportait 180.000 roubles par an, sans compter les traitements afferents a ses autres charges et une indemnite de table de 56.000 roubles par an; sa passion pour les diamants ne fut pas oubliee non plus: il portait des aiguillettes en brillants de 50.000 roubles. L'attachement de l'Imperatrice allait croissant rapidement; elle devenait jalouse. Lui sentait la position lui peser, il en avait assez: „Le pauvre garcon trouvait son existence une geole". Lorsqu'elle voulut le faire vice-chancelier, il n'y tint plus; il avait noue depuis quelque temps deja une intrigue secrete avec une demoiselle d'honneur de 16 ans, la princesse Daria Feodorowna Chtcherbatoff (nee 29 avril 1762). Catherine le sut, et. a l'ete de 1789. s'empressa de йалсег les deux amoureux: „Je n'ai jamais tyrannise personne et je deteste la contrainte", declara-t-elle. Le jeune couple recut une dotation de 100.000 roubles, et 2500 tetes de paysans, mais dut quitter la Cornet se fixer a Moscou. Mamonoff ne devait jamais retrouver son importance passee, et pourtant il ecrivit bien souvent de Moscou pour se faire autoriser a revenir a Petersbourg. Il avait des regrets, deplorant ce qu'il avait perdu, et ne pouvait des lors etre heureux en famille. On pretendit bientot „qu'il etait fou et se battait avec sa femme", et Catherine etait persuadee „qu'il ne pouvait etre heureux: une promenade a deux ou une entrevue d'un quart d'heure, et la vie en commun, ce n'est pas la meme chose". L'Empereur Paul, de la faveur duquel il jouissait, l'eleva le jour de son couronnement, le 5 avril 1797, a la dignite de comte de l'Empire Russe. Mamonoff resta veuf, le 9 novembre 1801, avec un fils, le comte Mathieu (1789 —1863), et une fille, la comtesse Marie, demoiselle d'honneur, decedee a l'etranger dans les annees 50; deux autres enfants, Theodore et Anne, etaient morts en bas age, H mourut a Moscou, le 29 septembre 1805, et y fut inhume pres de sa femme, au monastere Donskoi. Catherine, par un amour-propre facile a comprendre, exagera les merites de ses derniers favoris; elle ne voyait pas leurs defauts considerables et regardait a la loupe leurs insignifiants merites. L'Empereur Joseph II ne semble pas s'etre trompe en disant de Mamonoff: „Le nouveau favori est assez beau garcon, mais, a part ca, il n'a rien d'extraordinaire". (D'apres un original d'Argounoff, appartenant au prince S, Chtcherbatoff, Naro-Fominskoie, pres Moscou.)