* Данный текст распознан в автоматическом режиме, поэтому может содержать ошибки
35 Le comte ARCADE IVANOWITCH MORKOFF, 1747—1827, fils du conseiller de cour Ivan Nikolae-witch Morkoff et de Prascovie Feodorowna, ne'e Koutouzolf, naquit le 6 janvier 1747, Apres avoir brillamment passe' les examens de sortie de l'universite de Moscou, il entra en 1764 comme drogman au College des Affaires etrangeres. Son esprit penetrant, ses eminentes capacites, son amour du travail et sa connaissance peu commune des langues etrangeres lui assurerent comme diplomate une carriere d'avenir. Apres avoir passe par une serie de missions russes a l'etranger et fait partie de l'ambassade du comte Ilcpnine a Constantinople, il fut envoye, en 1782, comme ministre en Hollande, d'ou il se rendit a Paris au Congres qui suivit la guerre de l'Independance nord-americaine. Nomme ensuite en Suede, il alla, en 1785, a Stockholm, ou il ne tarda pas a se faire mal voir de Gustave III pour ses relations avec les mecontents de la noblesse; rappele des l'annee suivante, il fut nomme membre du College des Affaires etrangeres et devint le premier collaborateur de Bezborodko. Grace a Zouboff, dont il sut s'assurer la faveur, il se fit personnellement connaitre a l'Imperatrice, qui lui confia toute sa correspondance diplomatique personnelle et lui confera toute une serie de genereuses recompenses: le titre de conseiller prive, le cordon de St-Alexandre et l'etoile de St-Vladimir de Ie classe, un grand immeuble a Petersbourg, la ville de Letilcheff avec une source et 4000 serfs en Podolie et en Russie Blanche, et enfin, pour lui et ses freres, la dignite de comte du Saint Empire Romain, Bezborodko sentit en lui un serieux et dangereux adversaire, difficile a combattre en raison de son caractere ruse et de ses eninentes capacites diplomatiques, mais aussi gouta un vrai triomphe lors de l'insucces des pourparlers engages par Morkoff avec Gustave IY pour un projet de mariage de la Grande - Duchesse Alexandra Pavlowna. L'empereur Paul l'eloigna du service, l'envoya dans ses terres, lui confisqua sa maison de Petersbourg et la ville de Letitcheff. Fait conseiller prive actuel, Morkoff fut envoye a Paris comme ambassadeur: il y fut d'emblee en antagonisme avec le Premier Consul, dans lequel il ne voyait qu'un parvenu et l'incarnation du jacobinisme et de la revolution. Comme representant de la Russie, il eut une attitude fiere, parfois hautaine a l'exces et meme provocante: au milieu de la servilite generale du corps diplomatique, il ne courba pas l'echine devant l'ambitieux Corso et ne ramassa pas le mouchoir tombe comme par inadvertance des mains de Napoleon; sur la demande do celui-ci, en octobre 1805, Morkoff fut rappele, apres avoir d'ailleurs recu au prealable le cordon de St-Andrc. L'annee suivante il prit sa retraite, partageant son temps entre Moscou et sa terre preferee de Voitovtzy en Podolie. En 1820, il fut nomme membre du Conseil de l'Empire, mais sans l'etre de fait. L'un des personnages russes les plus remarquables do la fin du XVIII' et du commencement du XIX" siecle, le comte Morkoff fut un diplomate de l'ecole de Catherine et de Bezborodko ¦ defenseur energique de l'honneur et des interets de la Russie, il tint haut et ferme le drapeau russe, ce qui ne fut sans doute pas sans lui aliener l'appreciation des etrangers, a laquelle se montra si sensible dans la suite la diplomatie russe. Ц etait tres ingenieux et spirituel, tantot tres taquin et vif d'expression, tantot obsequieux et d'une politesse recherchee: ses manieres demodees de vieux courtisan du temps de Catherine lui avaient valu le sobriquet du „marquis russe". Karamzine le qualifie de „rompu aux astuces de la diplomatie": Gribowsky le represente comme „hautain, sournois, egoiste et avare", Chichkoff pretend qu'il avait „un esprit piquant, aimait plaisanter les autres et que son caractere moqueur lui avait suscite de nombreuses inimities". Des yeux expressifs et un sourire sarcastique animaient son visage disgracieux et marque de petite verole. On dit que, comme Catherine voulait le marier a sa favorite preferee, la demoiselle d'honneur Anne Ste'panowna Protassoff, qui etait loin d'etre belle, Morkoff refusa en disant: „Elle est laide, moi aussi: nous ne serions bons a nous deux qu'a defigurei le genre humain". U resta sans se marier, mais il eut d'une actrice francaise une fille, Varvara (3 avr. 1797—6 fev. 1855), qui recut en 1801 le titre et le nom de son pere et epousa le prince S. Golitzyne. Morkoff parvint a une vieillesse avancee, perdant successivement ses forces physiques et intellectuelles. Les cartes resterent son unique passion: quelques heures avant sa mort, apres s'etre meme confesse, il aurait dit: „Maintenant je n'ai rien a faire: pour passer le temps, faisons un whist". Il mourut le 29 janvier 1827 et fut inhume au monastere d'Alexandre Newsky, au cimetiere St-Iazare. (D'apres l'original d'Isabey. propriete du prince N. Obolenskv, Moscou.)