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59 Le Grand-Duc MICHEL PAVLOWITCH, 1798 — 1849, quatrieme fils de l'Empereur Paul I«, naquit le 28 janvier 1798, et fut nomme des sa naissance grand maitre de l'artillerie et chef du bataillon d'artillerie de la Garde. Il eut pour precepteur, ainsi que son frere Nicolas, le general M. Lambsdorff, nature grossiere et mauvais pedagogue, mais l'Imperatrice-mere avait la haute main sur l'education et l'instruction des jeunes Grands-Ducs. Elle fit tout pour les empecher de prendre un gout trop vif pour les choses militaires et leur donner celui des sciences, mais celles-ci resterent au second plan, et le Grand-Duc Michel se tourna des son enfance „vers l'exercice et la soldatesque". Lors des guerres de Napoleon, les jeunes princes brulaient de faire campagne, mais ne vinrent a l'armee qu'en 1814, quand tout etait deja fini. De 1817 к 1819, le Grand-Duc Michel fit un grand voyage en Russie et en Occident, au retour duquel il fut nomme commandant de la brigade d'infanterie de la Garde (regiments Preobragensky et Semenowsky) et entra a la direction de l'artillerie. Il fonda en 1820 l'Ecole d'Artillerie, aujourd'hui Ecole Michel, epousa en 1824 sa cousine germaine la princesse de Wurtemberg Helene Pavlowna, et, en 1825, fut mis a la tete de la lre division d'infanterie de la Garde. Il siegea a la Haute Cour chargee de juger les Dc'cabristes. Son frere Nicolas Ier le fit membre du Conseil de l'Empire et lui confia la direction du Genie et le commandement du corps de la Garde, dont le commandant en titre etait le Cesarewitch Constantin. En 1828, il fit la campagne de Turquie, ou la prise de Braila lui valut St-Georges de 2e classe, et concourut en 1851 a la repression de l'insurrection de Pologne: il y gagna une epee d'or a Ostrolenka et le titre de general aide do camp a l'assaut de Yarsovie. Il fut nomme la meme annee commandant du corps de la Garde et directeur general des etablissements d'instruction militaires, puis, en 1844, commandant en chef des corps de la Garde et des grenadiers. Comme chef, le Grand-Duc Michel etait d'une severite et d'une exigence extremes: il ne pouvait souffrir la moindre infraction au reglement. Il avait a cet egard un ?il des plus vigilants: un bouton deboutonne, un detail do la chaussure, rien ne lui echappait! Temoin des penibles circonstances qui avaient accompagne l'avenement de son frere, il attachait une grande importance a ces exigences de service, dans lesquelles il voyait le meilleur moyen de detourner la jeune generation des idees liberales. Mais son masque de severite cachait cependant un bon c?ur. „II y a en lui", disait un etranger fixe a la Cour de Russie, „je ne sais quoi de sombre et de rude, mais au fond on peut l'appeler le bourru bienfaisant: on cite de lui de magnifiques traits de grandeur d'ame!" Et une preuve de sa bonte etait en effet sa sollicitude pour ses subordonnes et la generosite avec laquelle il leur venait en aide. Non moins soucieux des etablissements d'instruction militaires dont il avait la direction, il n'etait guere de jour qu'il n'allat en visiter un, s'inte-ressant aux moindres details des questions d'education; il aimait les eleves, ne les perdant pas de vue apres l'ecole et fournissant a beaucoup d'entre eux des secours materiels. Le Grand-Duc Michel se revela des l'enfance spirituel et ingenieux. Il aimait aussi ces qualites chez les autres, et fermait souvent les yeux sur les escapades des officiers et des cadets quand elles etaient bien imaginees et intelligentes. Mais dans ses pointes, aucune mechancete: il etait incapable de blesser qui que ce soit. On trouve ca et Га dans la correspondance des Boulgakoff, honores de la bienveillance du Grand-Duc et grands admirateurs de sa rude bonhomie, des passages bien interessants dans cet ordre d'idees et bien caracteristiques. II existe de plus une masse d'anecdotes, tant sur l'homme prive que sur le fonctionnaire et le personnage officiel. Le Grand-Duc Michel avait pour son frere l'Empereur Nicolas Ier un devouement sans bornes: „Ce n'est pas moi, c'est lui, que je veux faire aimer!" disait-il pour justifier ses rigueurs, en prenant tout sur lui. Malgre l'excellente sante dont il jouit longtemps, il ne parvint pas jusqu'a la vieillesse; frappe d'une attaque nerveuse en passant une revue к Varsovie le 11 aout 1849, il mourut le 28 suivant, et fut inhume le 16 septembre a la Cathedrale Pierre-et-Paul. (D'apres un original appartenant au Grand-Duc Nicolas Mikhailowitch.)