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29 Le baron ANDRE (Louis-Henri) LVOWITCH NICOLAY, 1737—1820, naquit a Strasbourg le 28 decembre 1737, et perdit sa mere de bonne heure. A sa sortie de l'universite de Strasbourg ou son pere lui avait fait faire son droit, il se rendit a Paris, ou il frequenta des celebrites comme Diderot, d'Alembert, Grimm..... De retour a Strasbourg, il y obtint une chaire de logique a l'universite: plus du tiers des etudiants etaient alors de jeunes russes de la haute societe, et nombre d'etudiants alsaciens, grace aux relations qu'ils s'y creaient, se faisaient admettre au service russe. C'est ainsi que Nicolay, deja connu dans la litterature allemande pour ses poemes dans le gout d'Arioste, fut charge en 1764 par le comte C. Razoumo-wsky d'accompagner ses enfants en Angleterre. Il fut ensuite engage par Panine comme precepteur du Grand-Duc Paul, aux deux epouses duquel il servit successivement de secretaire. Sa douceur et sa facilite de caractere assurerent sa situation a la petite Cour et lui concilierent meme la bienveillance particuliere de la Grande-Duchesse Marie Feodorowna, avec la femme de confiance de laquelle, Mme Pretorius, il avait des relations de parente; le Grand-Duc, peu avant son avenement, le fit meme son tresorier. A l'ecart des intrigues de Cour, il sut rester bien a la fois avec le Grand-Duc et la Grande-Duchesse, meme au moment de la brouille causee par Mlle NelidofE, et, lors du voyage du couple Grand-Ducal en Europe, fut fait baron par Joseph II. A l'avenement de Paul Ier, il fut nomme membre du Cabinet de Sa Majeste, recut un domaine de 1500 tetes de paysans et enfin devint president de l'Academie des Sciences; il etait en meme temps charge de commissions speciales pour l'Imperatrice Marie, lui procurant par le comte S. Worontzoff du papier, des crayons, de la cire, de la poudro de couleur, du velours et autres etoffes. La confiance et meme l'amitie de l'Imperatrice n'empechaient pourtant pas son service pres d'elle de lui peser, et il profita de l'entree en scene de la princesse Lopoukhine pour se faire dispenser de ce service, ,,sous le pretexte", ecrivait-il au comte Worontzoff, ,,de ses nombreuses occupations a l'Academie et au Cabinet de Sa Majeste", Or les travaux de l'Academie sous Paul Ier se reduisaient a neant, d'ou incessante penurie d'argent et des?uvrement des academiciens: „C'etait", dit Nicolay, ,,la mer a boire de les faire travailler". A l'avenement d'Alexandre Ier il se mit energiquemeut a l'?uvre pour l'Academie, pour laquelle il eut prepare des 1801 un nouveau projet de reglement: il y reprenait une idee de Pierre-le-Grand et declarait indispensable, si on voulait regenerer la docte assemblee, „esclave d'une poignee de scribes", de faire participer au droit d'administrer „ses affaires une corporation de savants". Mais, epuise deja par le service, il donna sa demission au commencement de 1805. „J'avoue", ecrivait-il a un ami, „que, malgre l'agreable perspective d'un long regne de paix, ce cloaque de la Cour me porte plus au nez de jour en jour: ce ne sont que menues saletes sans fin, et je me sens murir la resolution bien arretee de donner ma demission". Il se retira dans son cher Monrepos, et y mourut le 6/18 novembre 1820. Les temoignages sont unanimes a representer Nicolay comme un des russes allemands du XYIII0 siecle qui servirent la Russie avec zele et loyaute. Son instruction variee et sa noblesse de c?ur etaient servies par un melange de solidite allemande et de vivacite francaise. Francais d'origine, il donnait dans sa vie privee la preference au francais, mais, comme ecrivain, appartient a l'Allemagne; il est auteur d'idylles, de fables, de traductions de Moliere. Il etait uni d'une etroite amitie avec Lafermiere: les deux amis s'etaient mutuellement legue leur bibliotheque. Lafermiere mourut le premier, et sa bibliotheque alla a Monrepos, ou elle porte l'inscription: Bibliotheque de deux amis. Nicolay etait egalement ami de S. Worontzoff: les lettres qu'il lui ecrivit sont les meilleurs materiaux pour sa caracteristique. Le Musee Historique de Moscou possede un portrait pareil a celui qui est reproduit ici, mais avec uniforme et decoration. (D'apres un original de Lampi, appartenant a la baronne S. Nicolay, Monrepos, pres Wiborg, Finlande.)