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46 Le comte ALEXANDRE KHRISTOFOROWITCII BENKENDORFF, 1785—1844, fils du general d'in-fanterie Christophe Ivanowitch Benkendorlf et de Julienne Schilling von Kanstadt, onrolc en 1798 sous-olficier au regiment Semenovvsky, fut la meme annee promu porte-enseigne et nomme aide de camp de Sa Majeste. II vit le feu pour la premiere fois en 1805, au Caucase, puis fit toutes les campagnes du regne d'Alexandre Ier. se distinguant tant par sa valeur personnelle que par ses talents d'administrateur militaire. La bataille do Preussisch-Eylau lui valut Ste-Anne dc 2° classe, le grade de capitaine et, quinze jours plus tard, celui de colonel, sa bravoure a Rouchtchouk St-Georges de 4е classe, et son attaque a la bataille de Velige en 1812 le grade de general major. En 1815 et 1814, a la tete d'un corps detache', il fit evacuer la Ilollande aux Francais et gagna St-Vladimir de 2е classe et St-Georges de 5е classe. Chef de la 2e division de dragons le 9 avril 1816, puis de l'c'tat-major de la Garde en 1819, il fut fait le 22 juillet de la memo annee general aide de camp. Les importants services rendus a l'Empereur Nicolas, aux cotes duquel il se trouvail le 14 de'cembre 1825, lui valurent, le 25 dcccmbre, le cordon de St-Alexandre, ct il remplit „avec zele et ardeur" ses fonctions de membre de la Ilaute Cour chargee de juger les Decabristes. Lors de l'institution d'une haute policc spe'eiale, Benkendorlf, qui, des 1821, avait remis a Alexandre Ier une notice sur les societe's secretes, fut fait le 25 juin 1826 directcur de la IIIе section et chef des gendarmes, ainsi que commandant dc la Maison Militaire de Sa Majeste. Un des conseillers les plus intimes de Nicolas Ier et compagnon inseparable de tous ses deplacements en Russie et a l'etrangcr, il ne cessa pas im instant de jouir de sa favour: senateur le 6 decembre 1826, promu general de cavalerie et decore dc St-Yladimir de 1?? classe en 1829, il fut, le 8 fevrier 1850 nomme membre du Conseil de l'Empire, le 8 novembre 1852 eleve a la (lignite de comte, ct Лс 22 avril 1854 decore de St-Andre'. Le comte Benkendorlf mourut le 25 septembre 1844. II avait epouse Elisabeth Andreewna Donetz-Zakharjewsky, VTe Bibikoff, dont il eut trois filles, Anne, comtesse Apponyi, Marie, princesse Wolkonsky, et Sophie, mariee a Demidoff BenkendorfF ne trouvait aueun interet au developpement de la litlc'rature russe, II preferait „la moralile, l'assiduite dans le service et le zele a une instruction inexperimentc'e, immorale et inutile", et convenail fran-chement „qu'il ne faut pas re'pandre trop vite l'instruction en Russie, sans qnoi le peuple pourrait elever son cercle d'idees au niveau de celui des monarquos et pretendre alors restreindre leur pouvoir". II pcnchait en general pour le „re'gime paternel" en Russie, grace auquel, dans son ide'e, „tout allait se porfectionnant, et les classes sociales s'affermissant en un sentiment commun d'amour pour le Irone", Si la „monarchic pure" etait pour lui l'ideal du regime gouvernemental, l'Empereur Nicolas Ier etait aussi l'ideal du souverain; il le considerait comme „indispensable non seulement pour notre bonheur, mais pour noire existence", et avait pour lui un devouement sans bornes. Comme chcl des gendarmes, Benkendorlf ne se laissa ccrtainemenl guider que par „des motifs nobles et bienfaisants": il imposa l'obligation de „veiller a ce que les droits des citoyens ne pussenl etre leses par la preponderance des puissants", et de „frayer a 1'innocence perse'euteo la voie la plus directe et la plus rapide vers la protection de Sa Majesle", et il eut la naivete de ne pas vouloir penser (ju'un de ses agents put „commettre des actes en disaccord avec ces bienfaisants principes, car il n'y a pas de mesure au chatiment reserve a celui qui abusera de son titre de fonctionnaire". II avait pour sa part une bonne dose de mansuctude, et on a conserve des recits qui le montrent sa „paternelle" intervention sauvanl 1'innocence du danger. II considera „les larmes et les regrets des pauvres et des orphelins" dont il fut temoin lors de la maladie qu'il fit. en 1857 comme ,,le plus brillant rapport sur ses onze annees d'administration" (D'apres une aquarelle de ?, Sokoloff, 1855, Galerie I'retiakoff, Moscou.)